Mon village natal: CREULLY
L'histoire de Creully, de ses habitants, de ses activités industrielles, commerciales et artisanales est une source de récits et de faits qui forgent le passé ; un « hier » à ne pas oublier.
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01/03/12
26/02/12
Projet de Moulin
Usine établie à Creully par le comte de Marguerie pour la mouture des céréales (1839)
Le moulin de Creully , établi en 1838, sur la Seulles, d'après les procédés les plus nouveaux , avec une chute d'eau de plus de dix pieds, peut écraser , avec les six pavés de meules qu'il fait mouvoir, de quatre-vingts à cent vingt hectolitres de froment par vingt-quatre heures ; et les prix élevés obtenus depuis son établissement par ses produits sur les places de Rouen, le Havre, Honfleur, témoignent de leur bonne qualité.
On doit s'étonner de ne pas voir la place de Caen figurer d'abord, comme le débouché le plus naturel des farines de Creully. Elles s'y vendent également bien, mais en fort moindre quantité, les boulangers de cette ville ayant conservé presque tous l'ancienne manière de pétrir. La majeure partie des consommateurs n'ayant pas d'objet de comparaison, s'en contente, et les étrangers s'étonnent seuls de la différence qu'ils remarquent entre le pain blanc de Caen et celui des villes citées plus haut, dont le prix, du reste , est constamment plus élevé.
Ceci explique comment une industrie si appropriée au pays a été si longtemps à s'y établir, bien qu'elle fût réclamée par le sol et la nature de sa production. Un petit nombre de communes voisines approvisionnerait au besoin l'usine de Creully, indépendamment des grandes ressources d'importation qu'elle possède par sa position géographique.
Ces avantages ont frappé quelques spéculateurs de Caen, et un nouveau moulin, mu par une machine à vapeur, vient de s'y élever. On peut donc espérer qu'une sage émulation, qu'une rivalité bien entendue entre ces deux établissements, amèneront d'heureuses modifications dans la fabrication du pain, et que le jour n'est pas éloigné où Caen n'aura rien à envier à Rouen à cet égard.
Nous pensons que ce résultat désirable serait surtout hâté par l'établissement d'un dépôt public ou halle à farines qui, tout en évitant de porter la moindre atteinte à la classe la moins aisée et la plus nombreuse des consommateurs, permit une appréciation plus large pour les pains blancs ou de choix , et donnât au boulanger le moyen de satisfaire aux exigences du consommateur délicat. Alors le double but de perfectionnement et d'utilité publique que doit se proposer tout industriel consciencieux, sera rempli : moyen de nivellement pour le prix des blés, en établissant un débouché certain et régulier en temps d'abondance , et une ressource également facile en cas de nécessité d'importations ; et amélioration sensible dans la nourriture première des populations, tant par l'épuration minutieuse que subissent les blés avant d'être réduits en farine, que par l'excellence des procédés de moulage et de blutage de ces farines.
21/02/12
Inauguration de nouvelles installations à la laiterie Paillaud de Creully
Inauguration de la ferblanterie, fabrication des boites métalliques, de la laiterie Paillaud à Creully entre 1966 et 1971.
Je salue particulièrement Rachelle Collet en belle Normande.
Merci à Philippe Vuillemin pour l'envoi de ces photos.
Je salue particulièrement Rachelle Collet en belle Normande.
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| Mr Boissière, maire de Creully ( de dos), Mr Beaudouin de la laiterie, Mr Vuillemin, directeur, Mrs Lemars et Madeleine, artisants de Creully. |
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| De droite à gauche: Mrs Boissière, maire, Fortier. et Pontal,préfet. |
17/02/12
Nourrir ce blog est un passe-temps agréable quand on est, comme moi, un mordu sur un thème précis : l’histoire de « Creully » le village qui m’a vu naître.
Mon but est de rassembler le maximum d’informations historiques, non seulement sur les châteaux ou l’église, mais aussi sur la vie du village lors des siècles passés.
La vie d’une localité, de ses habitants, de ses activités industrielles, commerciales et artisanales est une source d’histoires et de faits qui forgent le passé ; un « hier » à ne pas oublier.
C’est pour cela que j’essaie, grâce à beaucoup d’entre vous, à rassembler le maximum de documents.
Partir « fouiner » dans les archives, qu’elles soient départementales ou nationales même internationales est pour moi ponctuer de satisfaction lors d’une découverte.
Je sais que dans des foyers de Creully, il y a des documents (souvent des photos) qui seraient utiles à la mémoire locale; n’hésitez pas à me les confier pour être scannés. Ils vous seront rendus aussitôt.
Contactez-moi au 02 31 92 59 75 pour participer à la mise en mémoire de l’histoire de notre commune.
Mon but est de rassembler le maximum d’informations historiques, non seulement sur les châteaux ou l’église, mais aussi sur la vie du village lors des siècles passés.
La vie d’une localité, de ses habitants, de ses activités industrielles, commerciales et artisanales est une source d’histoires et de faits qui forgent le passé ; un « hier » à ne pas oublier.
C’est pour cela que j’essaie, grâce à beaucoup d’entre vous, à rassembler le maximum de documents.
Partir « fouiner » dans les archives, qu’elles soient départementales ou nationales même internationales est pour moi ponctuer de satisfaction lors d’une découverte.
Je sais que dans des foyers de Creully, il y a des documents (souvent des photos) qui seraient utiles à la mémoire locale; n’hésitez pas à me les confier pour être scannés. Ils vous seront rendus aussitôt.
Contactez-moi au 02 31 92 59 75 pour participer à la mise en mémoire de l’histoire de notre commune.
14/02/12
Quand les seigneurs de Creully ressemblaient à ceux de Rouvres (commune de l'arrondissement de Falaise)
La race des seigneurs de Rouvres était inhumaine, tyrannique, forcenée, entre toutes ces familles féodales dont le bon plaisir faisait loi souveraine, dans le rayon, plus ou moins étendu de leurs domaines particuliers. Un des seigneurs de Rouvres, revenant de la chasse, s'avisa, pour se venger sans doute de n'avoir pas découvert la piste d'un plus noble gibier, de décharger son fusil sur un couvreur qui était monté sur un toit. Un autre membre de la même famille battait de la fausse monnaie, se maintenait en guerre contre les gens du roi qu'il se plaisait à braver insolemment, et, infâme sortilège, tous les chevaux de son écurie, il les faisait ferrer à l'envers. Un troisième voulut acheter la chaumière d'un pauvre homme, nommé Madoux. Celui-ci, comme le meunier de Sans-Souci, refusa les offres de son seigneur; mais le châtelain de Rouvres n'était pas un Frédéric-le-Grand. Pendant que Madoux, pour recourir à la protection de Notre-Dame-de-la-Délivrande, accom- plissait un pélerinage, accompagné de sa famille, par un ordre inhumain sa chaumière fut rasée, ses arbres abattus, ses champs dévastés, ses plantations détruites, et la charrue promenée de toutes parts, effaça jusqu'aux moindres vestiges de la modeste habitation du pauvre meunier. Quel triste spectacle au retour! Pourtant ce n'était là, à vrai dire, qu'un avertissement plein de nouvelles menaces : Madoux du moins le comprit ainsi ; et ne trouvant point à qui en appeler de la cruelle vengeance de son seigneur, il fut contraint de déserter le pays.
La race des seigneurs de Rouvres était inhumaine, tyrannique, forcenée, entre toutes ces familles féodales dont le bon plaisir faisait loi souveraine, dans le rayon, plus ou moins étendu de leurs domaines particuliers. Un des seigneurs de Rouvres, revenant de la chasse, s'avisa, pour se venger sans doute de n'avoir pas découvert Les châtelains de Rouvres organisaient, comme on voit, l'exaction et la violence sur une assez grande échelle; une dame, de la même seigneurie, qui ne trouvait à mettre à profit que des confiscations de médiocre importance, ne laissait pas de les combiner avec un raffinement non moins injuste que cruel. L'avarice était la passion dominante de cette méchante châtelaine, et l'on raconte que, pour se ménager un honteux bénéfice, elle donnait du lin à filer aux pauvres femmes des environs, en ayant soin de toujours peser à faux poids les lots de fil qu'elle leur préparait. Tant qu'elle vécut, nul n'osa protester contre sa fraude, mais, à sa mort, le châtiment céleste se réservait d'accomplir toutes les malédictions secrètes prononcées contre elle. En effet, un habitant de la commune, qui avait passé trois jours en enfer pour avoir lu imprudemment dans le Grimoire, déclara, à son retour de cette périlleuse excursion, avoir vu Madame de Rouvres condamnée à tenir une énorme balance dont un des bassins penchait toujours du même côté, de sorte que, obligée de rétablir l'équilibre par le seul effort de sa main, la malheureuse suppliciée en ressentait une fatigue insupportable. Or, ce qui prouve bien la véracité du brave homme qui rapportait ce fait miraculeux, c'est que l'ombre tourmentée de Madame de Rouvres fait des apparitions tous les ans à la veille de Noël, dans la grande salle du château.
Les seigneurs de Creully et ceux de Villiers sont regardés comme coupables des mêmes méfaits que l'on attribue aux seigneurs de Rouvres. De plus, on leur reproche d'avoir employé la ruse et la violence pour triompher des jeunes filles dont la vertu avait résisté à leurs tentatives de séduction. Eux aussi se donnaient le cruel passe-temps de tirer sur les couvreurs qu'ils apercevaient sur les toits. Au reste, ce bizarre incident de la tradition a été reproduit, à propos de plusieurs grands personnages qui, à tort ou à raison, s'étaient attiré l’animadversion publique. Nous avons entendu, maintes fois, des vieillards, qui avaient retenu des préjugés de la révolution cette accusation calomnieuse, nous affirmer que dans sa jeunesse, le comte d'Artois, depuis Charles X, ne se faisait pas faute de cette licence féodale. Il faut avouer que si ce vieux conte ne tire pas son origine de quelque fait réel de date fort ancienne, le peuple s'est encore montré, cette fois, bien habilement ingénieux dans ses inventions, et qu'il eût été difficile d'imaginer quelque chose de plus expressif pour dépeindre l'impitoyable légèreté et la cruauté dédaigneuse avec laquelle ses maîtres disposaient jadis de son sort.
09/02/12
Eglise saint Martin de Creully - L'Agneau sacré
Entrez dans l'église Saint Martin de Creully, avancez dans la nef et levez la tête.
Vous découvrirez une clé de voûte représentant un mouton avec une hampe croisetée sur laquelle flotte une bannière.
C'est l'Agneau sacré appelé également l'Agneau pascal.
Vous découvrirez une clé de voûte représentant un mouton avec une hampe croisetée sur laquelle flotte une bannière.
C'est l'Agneau sacré appelé également l'Agneau pascal.
L'Agneau Pascal renvoie à la nuit de la libération d'Egypte. L'Agneau fut consommé par les Hébreux et son sang répandu sur le linteau des habitations a permis d'épargner la vie des premiers-nés d'Israël.La crucifixion de Jésus est apparue aux premiers chrétiens comme l'accomplissement de l'offrande de l'Agneau Pascal (Jn 19, 36) mort pour sauver les hommes.
03/02/12
Vous avez dit "COQ"
(Des modifications orthographiques n'ont pas été effectuées volontairement)
Savez-vous qu'être un bon coq c'est être un homme vigoureux en amour ; le contraire c'est être un coq clair.
Le mieux c'est de devenir un coq en pâte.
C'est du XVe et XVIe siècles que nous viennent les expressions et proverbes suivants:
— Si jà ne chante le coq si vient le jour.
— Petit coq à germe.
— Le coq chante, il nous faut haster.
— Coq chante ou non, viendra le Jour.
— C'est bien sauté du coq à l'âme.
Molière a dit « la poule ne doit pas chanter devant le coq ».
Nos anciens pensaient qu'une maison où la femme parle haut et le mari n'a que le droit de se taire, est une maison à l'envers. Ils exprimaient cet avis par :
— Malheureuse maison et méchante. Où coq se tait et poule chante.
Notons également cet écrit de La Fontaine :
Deux coqs vivaient en paix ; une poule survint.
Et voilà la guerre allumée.
— Etre rouge comme un coq est un proverbe bien connu dans notre région.
— Un coq est fort sur son fumier.
Continuons par quelques observations dues à nos aïeux :
— Si le coq chante avant minuit,
C'est du brouillard ou de la pluie.
— Si le coq chante avant minuit.
Le loup-garou prend peur et fuit.
— Si le coq de ton courtil,
A manger du pain bénit.
Prends garde, il devient méchant
Et crève tes yeux des enfants.
— Si vous entendez un soir le coq chanter,
C'est signe de pluie.
— Quand le coq chante à la veillée,
II a déjà la queue mouillée.
— Si au milieu de la nuit, le coq chante
Il annonce du brouillard pour le matin.
— Quand les coqs perdent leurs plumes en été.
C'est qu'on aura un automne beau et long.
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| Le coq de l'église de Creully |
Le mieux c'est de devenir un coq en pâte.
C'est du XVe et XVIe siècles que nous viennent les expressions et proverbes suivants:
— Si jà ne chante le coq si vient le jour.
— Petit coq à germe.
— Le coq chante, il nous faut haster.
— Coq chante ou non, viendra le Jour.
— C'est bien sauté du coq à l'âme.
Molière a dit « la poule ne doit pas chanter devant le coq ».
Nos anciens pensaient qu'une maison où la femme parle haut et le mari n'a que le droit de se taire, est une maison à l'envers. Ils exprimaient cet avis par :
— Malheureuse maison et méchante. Où coq se tait et poule chante.
Notons également cet écrit de La Fontaine :
Deux coqs vivaient en paix ; une poule survint.
Et voilà la guerre allumée.
— Etre rouge comme un coq est un proverbe bien connu dans notre région.
— Un coq est fort sur son fumier.
Continuons par quelques observations dues à nos aïeux :
— Si le coq chante avant minuit,

C'est du brouillard ou de la pluie.
— Si le coq chante avant minuit.
Le loup-garou prend peur et fuit.
— Si le coq de ton courtil,
A manger du pain bénit.
Prends garde, il devient méchant
Et crève tes yeux des enfants.
— Si vous entendez un soir le coq chanter,
C'est signe de pluie.
— Quand le coq chante à la veillée,
II a déjà la queue mouillée.
— Si au milieu de la nuit, le coq chante
Il annonce du brouillard pour le matin.
— Quand les coqs perdent leurs plumes en été.
C'est qu'on aura un automne beau et long.
01/02/12
19/01/12
Les piliers de Creullet
Pourquoi ces deux piliers dans la campagne du château de Creullet?
Pour répondre a cette question, je me suis plongé dans un texte de H. de Chanterenne (1860). En voici des extraits.
Des coteaux de Villiers-le-Sec on aperçoit au-dessus de la riante vallée de la Seulles, au-dessus du modeste village de Saint-Gabriel, une riche et vaste plaine qui s'étend des bois de Vaussieux aux hautes futaies de Lantheuil; c'est au milieu de cette plaine, à mi-côte, que se cache dans un bouquet d'arbres le petit lieu de Brécy, paroisse autrefois, aujourd'hui simple annexe de Saint-Gabriel, et dont le clocher en ruine se montre encore à travers le feuillage.
Le château est une habitation à grandes fenêtres carrées dans le goût de cette époque, éclairant de vastes appartements aux grandes cheminées en pierre. Mais la porte qui donne entrée à la cour de ce château est digne d'attention. Ce monument se compose d'une grande porte principale accompagnée de deux portes latérales, près desquelles siégeaient de chaque côté de beaux lions en pierre. La porte principale, très élevée, est en pierre de taille, chargée de magnifiques sculptures dans le goût et le style en honneur sous le règne de Louis XIV la porte en bois de chêne, d'une grande épaisseur, est également ornée de sculptures.
Derrière le château s'étend un vaste terrain en pente qui a été divisé en trois jardins étagés, coupés par une grande allée aboutissant, à chaque étage, à un large perron de sept à huit marches, construit en demi-rond entre deux piliers supportant chacun un lion en pierre de taille. Les murs de soutènement qui séparent ces trois jardins sont surmontés d'une charmante balustrade dans le genre de celles des jardins de Versailles. Le château de Brécy était, à la fin du XVIIe siècle, la propriété de Messire Le Bas, vicomte de Caen, qui avait épousé une des filles de Mansard, le grand architecte de Louis XIV. Mansard avait deux filles et affectionnait particulièrement l'épouse du vicomte de Caen il faisait de longs séjours à Brécy, ce sera sans doute pendant ces séjours, pour occuper ses loisirs et flatter sa fille, qu'il se sera plu à orner ainsi sa maison de campagne, où, sans doute aussi, il aura appelé Le Nôtre pour dessiner les jardins.
A quelques kilomètres de Brécy s'élèvent encore aujourd'hui deux beaux piliers qui paraissent la copie, sur une plus grande échelle, de ceux de la grille de Brécy ils formaient autrefois l'entrée d'une avenue conduisant au château de Creullet. On pourrait supposer que Mansard, en bon voisin, aura prêté son concours à M. d'Héricy, alors propriétaire de Creullet, pour orner l'entrée de son parc.
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| Lion |
02/01/12
Juin 1680 - Meurtre à Creullet
Le mercredi 26 juin 1680, sur les minuits, sont entrés par les fenêtres, dans une maison de Creullet deux hommes. Ils se dirigèrent vers la chambre en haut de l'escalier, où était couché Guillaume Anbery, procureur de madame de La Bindelière. Ils l'ont assasiné, dormant, de cinq coups de serpe, dont il est mort le jeudi quatre juillet sur le midi, et le lendemain inhumé dans la chapelle de Creullet, en présence des sieurs curés de Villiers et Crépon. Ils pénétrèrent dans la chambre de Madame de La Bindelière, qui était couchée, et lui demandèrent la bourse avec un marteau à boucher, la menaçant de la tuer si elle criait. Elle dit aller quérir de l’argent , et se sauva dans la chambre de ses filles et cria, et les larrons fuirent. On en soupçonne Marin Richard dit La Rivière, qui avait servi le sieur de La Bindelière, et Beauregard, le maire du Manoir ou de Ryes, et un autre.
Informations trouvées dans le rapport de l'archiviste du département sur le service des archives départementales, communales et hospitalières : [exercice 1893-1894]
26/12/11
14/12/11
Creully - En pleine révolution 1793
A la Convention nationale du 30 septembre 1793, l'an II de la République une et indivisible.
La Société populaire de Creully, district de Caen, annonce à la Convention nationale que tous les tableaux et autres objets portant des signes et effigies de féodalité, de royalisme et de tyrannie, qui se trouvaient encore dans le château du ci-devant Montmorency, ont été brûlés au milieu des applaudissements de tous les citoyens, et que les jeunes citoyens du canton de Creully attendent avec impatience le moment de se mesurer avec les satellites des despotes.
Suit la lettre de la Société- populaire de Creully
A la Convention nationale.
Creully, département du Calvados, district de Caen,
le 30 septembre 1793, l'an II de la République une et indivisible.
« Depuis longtemps la Société patriotique du bourg de Creully attendait les effets de la lutte qui régnait entre les braves de la Montagne et les lâches de la plaine; elle craignait que le résultat ne fût le bouleversement de tout l'ordre des choses; elle craignait que le feu de la guerre civile ne se répandît, comme un torrent désastreux, sur toutes les parties de la République; elle craignait de voir couler le sang des patriotes ; elle craignait enfin de voir finir avec leur vie, le règne de la liberté. Que disons-nous !... Ils ne devaient pas périr : de fiers montagnards, comme des dieux tutélaires, veillaient sur leur destinée, et en les arrachant du précipice creusé sous leurs pas, nous osons le prédire, les chaînes dont les despotes serrent encore les bras des peuples, seront brisées et serviront à écraser leurs têtes coupables, et à faire disparaître pour jamais tout pouvoir tyrannique.
« Généreux défenseurs, vous qui avez tiré la France des mains de la tyrannie et de l'esclavage pour la mettre sous le règne de la liberté et de l'égalité, quelle reconnaissance ne vous devons-nous pas ? Quelle reconnaissance ne vous doivent pas tous les hommes? Oui, citoyens, vous avez bien mérité de l'univers entier.
« Puisque vous seuls êtes vraiment les amis du peuple, que vous seuls avez la force de le rendre heureux; frappez, frappez les restes de la tyrannie, de l'aristocratie; servez-vous de tous les moyens qui sont en votre pouvoir pour écraser, anéantir ceux qui s'y opposeraient, tous les royalistes, les fédéralistes, tous ceux enfin qui travaillent au rétablissement du trône et à l’asservissement des peuples.
« Citoyens, d'après une demande de notre société et l'arrêté de la municipalité de Creully, une chasse qui était à l'entrée du château fort du bourg, actuellement démantelé, une chasse, emblème du despotisme, a été renversée, brisée et foulée aux pieds. Des portraits de comtes, de marquis, de ducs, de rois, tous les signes et effigies de la féodalité, du royalisme et de la tyrannie qui étaient encore dans le château du ci-devant Montmorency, tout a été brûlé au pied de l’arbre de la liberté, au son du tambour, de l'air Ça ira, enfants de la Patrie, et de la danse de la carmagnole. Tous les membres, de notre société, le conseil général de la commune, le tribunal de paix et la garde nationale de Creully étaient présents à cette cérémonie.
« Les citoyens de la première réquisition de notre canton brûlent du feu sacré de la liberté et attendent avec impatience le moment de se mesurer avec les despotes coalisés; ceux du bourg se sont présentés en cette société et y ont juré de combattre et de verser jusqu'à la dernière goutte de leur sang, de ne mettre bas les armes que lorsque la République soit vengée des attentats commis envers elle et que son sol soit purgé des royalistes, fédéralistes, muscadins et généralement de tous les ennemis de l'ordre public. Ils sont prêts à partir au premier signal.
« Citoyens, contents de votre travail et de votre énergie, notre société vous invite de rester à votre poste jusqu'à ce que la paix soit établie. Depuis le règne de la Montagne, chez nous l'aristocratie est aux abois. Encore un dernier effort et elle disparaîtra du globe.
« Bons républicains, vrais Bons-culottes.
« Les président, secrétaires et membres de la société: Gardin, maire;
Legerais, curé de Saint Gabriel;
Dutruissard, curé de Creully, président
Monnin, commissaire du canton, juge de paix, ex-président de ta société;
Quesnel, secrétaire;
Duval, vicaire, procureur de la commune;
Le Révérend, officier ;
Sources : Archives parlementaires de 1787 à 1860
La Société populaire de Creully, district de Caen, annonce à la Convention nationale que tous les tableaux et autres objets portant des signes et effigies de féodalité, de royalisme et de tyrannie, qui se trouvaient encore dans le château du ci-devant Montmorency, ont été brûlés au milieu des applaudissements de tous les citoyens, et que les jeunes citoyens du canton de Creully attendent avec impatience le moment de se mesurer avec les satellites des despotes.
Suit la lettre de la Société- populaire de Creully
A la Convention nationale.
Creully, département du Calvados, district de Caen,
le 30 septembre 1793, l'an II de la République une et indivisible.
« Depuis longtemps la Société patriotique du bourg de Creully attendait les effets de la lutte qui régnait entre les braves de la Montagne et les lâches de la plaine; elle craignait que le résultat ne fût le bouleversement de tout l'ordre des choses; elle craignait que le feu de la guerre civile ne se répandît, comme un torrent désastreux, sur toutes les parties de la République; elle craignait de voir couler le sang des patriotes ; elle craignait enfin de voir finir avec leur vie, le règne de la liberté. Que disons-nous !... Ils ne devaient pas périr : de fiers montagnards, comme des dieux tutélaires, veillaient sur leur destinée, et en les arrachant du précipice creusé sous leurs pas, nous osons le prédire, les chaînes dont les despotes serrent encore les bras des peuples, seront brisées et serviront à écraser leurs têtes coupables, et à faire disparaître pour jamais tout pouvoir tyrannique.
« Généreux défenseurs, vous qui avez tiré la France des mains de la tyrannie et de l'esclavage pour la mettre sous le règne de la liberté et de l'égalité, quelle reconnaissance ne vous devons-nous pas ? Quelle reconnaissance ne vous doivent pas tous les hommes? Oui, citoyens, vous avez bien mérité de l'univers entier.
« Puisque vous seuls êtes vraiment les amis du peuple, que vous seuls avez la force de le rendre heureux; frappez, frappez les restes de la tyrannie, de l'aristocratie; servez-vous de tous les moyens qui sont en votre pouvoir pour écraser, anéantir ceux qui s'y opposeraient, tous les royalistes, les fédéralistes, tous ceux enfin qui travaillent au rétablissement du trône et à l’asservissement des peuples.
« Citoyens, d'après une demande de notre société et l'arrêté de la municipalité de Creully, une chasse qui était à l'entrée du château fort du bourg, actuellement démantelé, une chasse, emblème du despotisme, a été renversée, brisée et foulée aux pieds. Des portraits de comtes, de marquis, de ducs, de rois, tous les signes et effigies de la féodalité, du royalisme et de la tyrannie qui étaient encore dans le château du ci-devant Montmorency, tout a été brûlé au pied de l’arbre de la liberté, au son du tambour, de l'air Ça ira, enfants de la Patrie, et de la danse de la carmagnole. Tous les membres, de notre société, le conseil général de la commune, le tribunal de paix et la garde nationale de Creully étaient présents à cette cérémonie.
« Les citoyens de la première réquisition de notre canton brûlent du feu sacré de la liberté et attendent avec impatience le moment de se mesurer avec les despotes coalisés; ceux du bourg se sont présentés en cette société et y ont juré de combattre et de verser jusqu'à la dernière goutte de leur sang, de ne mettre bas les armes que lorsque la République soit vengée des attentats commis envers elle et que son sol soit purgé des royalistes, fédéralistes, muscadins et généralement de tous les ennemis de l'ordre public. Ils sont prêts à partir au premier signal.
« Citoyens, contents de votre travail et de votre énergie, notre société vous invite de rester à votre poste jusqu'à ce que la paix soit établie. Depuis le règne de la Montagne, chez nous l'aristocratie est aux abois. Encore un dernier effort et elle disparaîtra du globe.
« Bons républicains, vrais Bons-culottes.
« Les président, secrétaires et membres de la société: Gardin, maire;
Legerais, curé de Saint Gabriel;
Dutruissard, curé de Creully, président
Monnin, commissaire du canton, juge de paix, ex-président de ta société;
Quesnel, secrétaire;
Duval, vicaire, procureur de la commune;
Le Révérend, officier ;
Sources : Archives parlementaires de 1787 à 1860
11/12/11
06/12/11
1963 Les voeux aux soldats de Creully
BONNE ANNÉE A NOS SOLDATS !
Marc Tailpied a été incorporé le 1er Novembre dans l'artillerie lourde à Draguignan. Il travaille dur, car il est élève- gradé. Sa santé est bonne cependant et il a l'avantage d'être avec des camarades de la région.
Charlie Pagnon ne manquera pas de combustible pour son briquet, ni de vin dans son verre. Il a en effet été versé le 4 Septembre dans le service des essences à Chalon-sur-Saône, pays du bon Bourgogne. Il apprend à conduire différents véhicules. Il a pu faire déjà un pèlerinage à Ars. C'est un heureux militaire.
Rene Vauquelin est en Allemagne depuis Mai. Comme il appartient à l'arme blindée, il roule continuellement, ce qui lui a valu de visiter la région de Trêves, puis de Fribourg, et même de pousser une pointe en Autriche.
Alain Beaudron, n'a pas été affecté dans la cavalerie, malgré sa compétence en équitation, il est vrai que dans l’armée d'à présent, les chevaux sont plutôt des chevaux-vapeur. Il est dans les transmissions à Fréjus depuis septembre. Il espérait une permission ces temps-ci. Un changement de régime est parfois appréciable.
Alain Letellierest toujours dans le service de Santé àRennes, il a de bons chefs et attend la classe avec philosophie.
Claude Girardest dans le Génie à Avignon. Les rhumatismes lui ont déjà valu quinze jours à l'hôpital et de l'exemption de service. Il a eu la joie de venir en permission à Noël.
Guy Madelaineest le plus éloigné de tous nos soldats. Fantassin de Marine, il est depuis Juillet dans le Hoggar, à Tanemarasset, lieu rendu célèbre par le Père de Foucauld. Il espérait bien aller à la messe de Minuit.
Sa fonction : barman au foyer. Ce qui le met un peu à l'abri des températures sibériennes du désert.
Que ce premier Bulletin paroissial de Creully de 1963, qui leur est spécialement destiné, porte à tous nos jeunes sous les drapeaux, nos vœux les meilleurs et le témoignage de notre fidèle pensée ainsi que de notre prière.
Guy Lefèvre, après avoir bien « crapahuté » en Algérie, est maintenant caporal d'ordinaire près de Mers el-Kébir. Il sera libéré le 15 Janvier.
Camille Lefèvre, son frère, a débuté à Castres. Il a aussi aidé à aménager le camp de Sarzac. Il se trouve actuellement à Dax où il travaille dans son métier — faire des cigognes avec des sapinettes... c'est sa spécialité.Marc Tailpied a été incorporé le 1er Novembre dans l'artillerie lourde à Draguignan. Il travaille dur, car il est élève- gradé. Sa santé est bonne cependant et il a l'avantage d'être avec des camarades de la région.
Charlie Pagnon ne manquera pas de combustible pour son briquet, ni de vin dans son verre. Il a en effet été versé le 4 Septembre dans le service des essences à Chalon-sur-Saône, pays du bon Bourgogne. Il apprend à conduire différents véhicules. Il a pu faire déjà un pèlerinage à Ars. C'est un heureux militaire.
Rene Vauquelin est en Allemagne depuis Mai. Comme il appartient à l'arme blindée, il roule continuellement, ce qui lui a valu de visiter la région de Trêves, puis de Fribourg, et même de pousser une pointe en Autriche.
Alain Beaudron, n'a pas été affecté dans la cavalerie, malgré sa compétence en équitation, il est vrai que dans l’armée d'à présent, les chevaux sont plutôt des chevaux-vapeur. Il est dans les transmissions à Fréjus depuis septembre. Il espérait une permission ces temps-ci. Un changement de régime est parfois appréciable.
Alain Letellierest toujours dans le service de Santé àRennes, il a de bons chefs et attend la classe avec philosophie.
Claude Girardest dans le Génie à Avignon. Les rhumatismes lui ont déjà valu quinze jours à l'hôpital et de l'exemption de service. Il a eu la joie de venir en permission à Noël.
Guy Madelaineest le plus éloigné de tous nos soldats. Fantassin de Marine, il est depuis Juillet dans le Hoggar, à Tanemarasset, lieu rendu célèbre par le Père de Foucauld. Il espérait bien aller à la messe de Minuit.
Sa fonction : barman au foyer. Ce qui le met un peu à l'abri des températures sibériennes du désert.
04/12/11
Après la plus grande catastrophe que subit Creully....
Texte publié après la grande catastrophe de 1840
Il y a quelques jours encore, après avoir erré, ici, dans de fertiles el riantes campagnes, là, dans celle vallée de prairies qu'arrosent les eaux de la Seulle, et où bondissent tant et de si beaux troupeaux , l'œil se reposait agréablement sur le bourg qu'il trouvait là-bas , au haut d'une légère éminence, comme une ruche, prête à répandre dans une plaine magnifique ses essaims de travailleurs; il y a quelques jours encore, le bonheur brillait sur le visage de tous les habitants de Creully : fiers d'avoir acheté par leurs sueurs le bien-être pour quelques années, pour l'hiver, — ils se reposaient avec confiance.
29/11/11
Le bateau à vapeur de l'église de Creully.
Dans les régions maritimes, les murailles des églises sont parfois couvertes de flottes de navires sculptés dans la pierre : de la barque au grand vaisseau de guerre en passant par le côtre de pêche et la galère. Chaque génération a gravé l'image de son bateau et nous pouvons en observer une collection détaillée. La sacristie de Creully présente caravelles et gréements, notamment un grand trois mâts et deux autres navires.
Certaines gravures sont remarquables par la connaissance qu'elles impliquent de la construction du navire, de son gréement. Il semblerait que de nombreux graffiti aient été l'oeuvre de personnes très proches du milieu maritime.
La rareté des graffiti marins des XIII'-XIV' siècles est peut-être due à l'usure du temps et à la taille parfois grossière des pierres.
Plus nombreux vers le XV'-XVI' siècle, il semblerait que le XVII' soit le siècle le plus riche en graffiti. Ceux-ci sont d'autant plus intéressants qu'ils constituent souvent les seuls témoignages iconographiques que nous conservions concernant la navigation de cette époque. Au XVIII' siècle, le nombre de graffiti décroît pour quasiment disparaître au XIX' siècle.
Sur un contrefort du côté nord de l'église de Creully, est gravé un bateau à voile et à vapeur.
Certaines gravures sont remarquables par la connaissance qu'elles impliquent de la construction du navire, de son gréement. Il semblerait que de nombreux graffiti aient été l'oeuvre de personnes très proches du milieu maritime.
La rareté des graffiti marins des XIII'-XIV' siècles est peut-être due à l'usure du temps et à la taille parfois grossière des pierres.
Plus nombreux vers le XV'-XVI' siècle, il semblerait que le XVII' soit le siècle le plus riche en graffiti. Ceux-ci sont d'autant plus intéressants qu'ils constituent souvent les seuls témoignages iconographiques que nous conservions concernant la navigation de cette époque. Au XVIII' siècle, le nombre de graffiti décroît pour quasiment disparaître au XIX' siècle.
Sur un contrefort du côté nord de l'église de Creully, est gravé un bateau à voile et à vapeur.
24/11/11
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