vendredi 31 décembre 2010

jeudi 23 décembre 2010

Un conte de Noël des environs de Creully: "L'enfant Louis"

La campagne du Bessin apparaissait comme un tableau où les arbres dénudés, s'élevant d'un sol de neige, tendaient leurs branches vers un ciel d'un bleu d'août. Et pourtant nous sommes en décembre 1846, plus précisément le 24 ; jour qui disparaîtra parmi les taillis à l'Ouest de notre région pour laisser la place à une nuit de fête religieuse : Noël.
Dans un petit village non loin de Creully qui venait de se remettre d'un grave incendie un enfant errait.
Chiffons de laine aux pieds sans sa mère disparue dans la Seulles au début de l'année. Son père, il ne l'avait jamais connu.
Agé de 9 ans, Louis, un prénom de roi, vivait dans une pièce débarras au fond d'une cour de ferme à la sortie du village. Les fermiers le recueillirent après la mort de sa mère. Elle y travaillait à l'entretien de l'habitation et à divers ouvrages.
Louis n'était pas logé gratuitement car pendant plus de 10 heures par jour il effectuait des petits travaux plus ou moins durs pour un enfant de cet âge. Une soupe, un morceau de lard et un bout de gros pain cuit à la ferme sont le menu journalier.
Le « maître » avait offert à Louis son après-midi comme cadeau de Noël.
Louis errait...
Noël, jour de fête, mais jour de peine pour ce garçon seul.
— J'ai froid, pensa-t-il, j'ai froid.
La neige avait certainement décidé de passer Noël sur le sol du Bessin.
Louis avançait çà et là, d'un pas lent.
À l'approche de la rivière, la Seulles, il revit sa mère, sa mère qu'il adorait ; regardant le ciel un mot lui échappa :
— Maman.
L'enfant pleura.
Ses larmes allèrent rejoindre les eaux de la Seulles où sa mère périt noyée.
— Maman.
Louis se releva pour aller cueillir une branche de houx aux fruits rouges puis revint vers la rivière et la lança.
— Maman, ton Noël.
Le froid se faisait encore plus sentir, le jour baissait, Louis repartait en direction du village quand il vit la grange, un petit bâtiment de pierres servant de refuge à des bêtes pendant les bonnes saisons.
L'adolescent avança vers la grange où il pénétra.
Des gerbes de paille et de foin jonchaient le sol. Le pauvre gosse les rassembla puis s'allongea. Une douce chaleur l'enveloppa. Louis s'endormit.
Non loin de là, sur le chemin, des hommes et des femmes habillés de leurs plus beaux effets se rendaient à la messe de la nuit.
Louis dormait.
Non loin de là des hommes et des femmes vont fêter Noël ; leurs enfants participeront à la fête. Personne ne pensera à cet enfant, seul, endormi, à la sortie du village près de la Seulles.
Un beuglement de vache ou de bœuf réveilla Louis et le replaça loin des rêves mais dans la réalité.
Mais une idée naquît dans son petit cerveau.
L'adolescent se leva, quitta la grange, replaça sur ses épaules le vieux manteau et partit, cette fois, avec un but précis.
Le beuglement entendu était celui d'une vache. Ouvrant une barrière de bois à demi démolie, Louis réussit sans peine à amener la bête dans « sa » grange où après avoir ramassé une corde, il l'attacha à un anneau scellé au mur.
Puis l'enfant repartit, un peu plus loin cette fois, dans un petit bâtiment de la ferme où il logeait habituellement. Et là il trouva un âne qui sans aucune résistance se laissa mener à la grange pour y retrouver la vache.
Quelques minutes plus tard, Louis se coucha sur la paille entre l'âne et la vache.
De nouveau le sommeil l'emporta dans les songes.
Ainsi, un petit garçon qui était dans son dixième hiver, voulut passer Noël à sa manière ou plutôt à celle d'un autre enfant qui naquit il y a 2010 ans.
Louis dans ses rêves vit une femme, sa mère, plus belle que jamais, le montrant du doigt à Jésus du haut du ciel. Elle souriait à son enfant qu'elle avait aimé, qu'elle aime toujours.
Dans le royaume des rêves il vit sa mère s'approcher, de plus en plus près jusqu'à le toucher.
Il se réveilla.
— Maman, tu es là, maman.
Bien sûr les beaux rêves n'ont pas souvent une fin heureuse.
Ouvrant un peu plus les yeux, il n'aperçut pas sa mère mais une autre femme.
— Que fais-tu là l'enfant, tu vas avoir froid ?
— Je n'ai plus de parents répondit-il.
— Mais où habites-tu ?
— Je loge dans une pièce à la ferme non loin de là avec des grands qui ont oublié que j'existai en cette nuit de Noël.
— Relève toi et viens dit la femme.
Elle lui passa sur les épaules un grand châle de laine noire.
Ils ressortirent de la grange pour rejoindre un homme debout près d'une charrette sur le chemin.
L'homme interrogea :
— Où as-tu trouvé cet enfant ?
— Il dormait dans la grange sur la paille au milieu d'une vache et d'un âne.
— Comme Jésus à part que le bœuf est devenu une vache.
Oui, comme l'enfant Jésus répondit la femme que Louis malgré la nuit trouvait très belle. Elle continua :
— Il est seul au monde.
— Tu n'as pas de parents, questionna l'homme.
D'une voix tremblotante Louis regarda l'homme et dit :
— Je n'ai pas eu de père et ma mère s'est noyée il y a quelques mois dans la rivière.
L'homme monta l'enfant sur la charrette pendant que la femme faisait de même en s'adressant au gosse :
— Je ne sais pourquoi nous nous sommes arrêtés, mais une force sur prenante m'a poussé jusqu'à la grange.
Et moi qui n’aie pu avoir d'enfant je découvre un garçon qui s'appelle...
— Louis dit l'enfant.
La femme reprit :
— Un garçon qui s'appelle Louis et qui va maintenant devenir notre fils, n'est-ce pas Louis ?
— En pleurant l'enfant fit oui de la tête.
La charrette roula sur le chemin pendant deux heures puis stoppa près d'un atelier de charpentier.
Le couple et l'enfant heureux en descendirent.
La femme tenant sous son bras Louis dit à l'homme :
Joseph fait nous un bon feu dans la cheminée.
Louis entendit l'homme répondre :
— Oui Marie.

vendredi 17 décembre 2010

Avis de recherche. Qui entoure l'épicière de Creully ?

C'est avec plaisir que je vous fait part de la demande de Jacqueline.
"Je recherche les noms des personnnes sur la photo ci jointe. La personne à gauche doit être Pauline Yvetot qui tenait un café épicerie à Creully.La photo a été prise en  1943."Si vous avez une information, contacter JP Barette par Mail.

mardi 7 décembre 2010

Inauguration du Calvaire de Creully

Une internaute m'a demandé la date de l'élévation du calvaire de Creully situé rue de Caen.
Aprés quelques recherches, c'est à la Bibliothèque Nationale que j'ai trouvé la réponse.
Le calvaire a été inauguré le 5 Septembre 1897.

mardi 30 novembre 2010

GRAND JEU DE DECEMBRE "CREULLY...ou pas?"
Gagnez des gravures de Creully

 Cette photo a-t-elle été prise à Creully?
Accédez au jeu en cliquant sur: http://creully.blogspot.com/2005_01_10_archive.html

vendredi 26 novembre 2010

mardi 19 octobre 2010

lundi 16 août 2010

Mon nouveau livre est paru.

Le troisième ouvrage de cette série est paru et concerne les objets en bois du jardin.

lundi 2 août 2010

Avec PARIS-NORMANDIE Le Château de Creully

Dans la presse de ce lundi avec Paris-Normandie.

http://www.paris-normandie.fr/article/normandie/le-chateau-de-creully-tient-bon-la-place

Au cœur du Calvados, Creully marque la transition entre le bocage aéré du Bessin littoral et les champs ouverts de la plaine de Caen. Pour s'en convaincre, il suffit de grimper sur les remparts du château fort de Creully, dominant la vallée de la Seules. Et là, du haut de la terrasse, et de dix siècles d'histoire, le paysage s'offre à vous. «J'aime particulièrement la vue depuis les remparts, souffle Jean-Pierre Barette, enseignant retraité, créateur d'un blog sur Creully. Le paysage respire la sérénité»......(suite sur le site ci-dessus)



mercredi 21 juillet 2010

Creully - Monsieur et Madame Paillaud

Je vous parle parfois de la laiterie Paillaud de Creully.
J'ai retrouvé une photo de Mr et Mme Paillaud.
La place de Creully porte de nom de cet industriel qui fut maire de la localité.

dimanche 18 juillet 2010

Creully sur Mer

Document Google

jeudi 8 juillet 2010

La "salle des gardes" du château de Creully

Dans cette pièce, à l'origine, se tenaient les hommes d'armes chargés de la protection du château et de ses habitants.
Photos des années 50.

vendredi 25 juin 2010

Une photo rare de l'arrière du château de Creully

Cette photo est peu commune car c'est la seule à ma connaissance où il y a une personne à l'une des  fenêtres de la tour carrée. 

vendredi 11 juin 2010

dimanche 6 juin 2010

1832 - Le château de Creully - Un poème retrouvé

Poète normand Joseph-Alphonse Le Flaguais (1805 -1861) , ancien conservateur de la bibliothèque publique de Caen a, en 1832, écrit un poème intitulé : « Le château de Creully » qu’il dédia à Madame la comtesse Blanche de Saffray.

LE CHATEAU DE CREULLY.

Trouvère indépendant, religieux poète,
Ainsi qu'un pèlerin j'ai quitté ma retraite,
J'ai voulu contempler ce séjour glorieux
Où sont encore empreints les pas de nos aïeux.
Une brise odorante a préparé mon être
A comprendre, à chanter ce que je vais connaître.
J'ai traversé le lieu qui parle de Byron,
Le modeste hameau, riche d'un si grand nom ! (1)
Je viens d'y respirer cette pure ambroisie,
Ce parfum des élus qu'on nomme poésie ;
II faut à ma pensée un divin aliment,
Comme il faut à mes yeux les pleurs du sentiment.
Je suis venu chercher ces magiques prestiges,
Ces reliques du temps, ces précieux vestiges,
Antiques souvenirs, parure de nos bords,
D'un siècle qui n'est plus majestueux trésors !
Car mon âme qui puise aux sources de l'histoire,
Des fastes neustriens colorent sa mémoire.

Evoqués par mes chants, les échos des vieux jours
Aux accents de mon luth ne restent jamais sourds;
Dans la nuit des tombeaux sa voix retentissante,
Réveille de nos preux la foule renaissante,
Et d'un âge immortel le livre merveilleux,
Jeune et vivant poème est rouvert à mes yeux.
Vieux castel, ouvre-toi, laisse mon âme avide
Pénétrer dans tes murs qu'une invisible égide
Protège incessamment contre les ans jaloux !
Du temps mutilateur défiant le courroux,
Des hivers impuissants tu supportes l'injure:
Entouré de créneaux comme d'une ceinture,
Je te vois dans les airs lever ta haute tour
Empourprée aux rayons du céleste séjour.
Mais, près de m'avancer jusque dans ton enceinte,
D'un regret douloureux j'ai ressenti l'atteinte ;
Qu'ai-je vu ? Ton portique, autrefois fier et beau,
De la destruction présenter le tableau,
Ses ornements en poudre et ses tours latérales
Victimes du marteau d'infâmes saturnales;
Car l'homme est plus cruel et plus profanateur
Et moins intelligent que le temps destructeur!...
Quand la tourbe hideuse, achevant sa conquête,
Se ruait contre toi, pareille à la tempête,
Oh ! Pourquoi mille traits pleuvant de toute part,
N'ont-ils pas défendu ton superbe rempart?...
Mais tout avait changé ; les jasmins et les lierres
Etouffaient dès longtemps tes larges meurtrières,
Et, comme un paladin mourant et désarmé,
Tu vis sans le punir le crime consommé.
Remontons, remontons le cours des anciens âges,
Des règnes féodaux écartons les nuages :
Nous découvrons d'abord l'intrépide Hamon
Qui défendit nos champs contre le fier Saxon,
Puis d'un vaste pouvoir se créant le fantôme,
Osa, dans son orgueil, s'attaquer à Guillaume.
On l'avait aux combats surnommé le Hardi,
Jamais son cœur ardent ne s'était refroidi,
Mais égalant son sort aux grandes infortunes,
Le preux, percé d'un trait, mourut au Val-des-Dunes.
Peindrai-je ces héros, ces généreux Richards,
Rassemblant tout à coup leurs bataillons épars,
En laissant dans les pleurs les nobles châtelaines.
Pour vaincre au nom du Christ ou pour trouver des chaînes ?
Peindrai-je ces barons volant au saint tombeau,
Et laissant derrière eux un enfant au berceau ?
Ah ! Qu’ils sont loin de nous ces beaux jours d'héroïsme !
II ne nous reste, hélas I que froideur, égoïsme.
Les hommes d'aujourd'hui pèsent la gloire et l'or,
Des sublimes élans ils maîtrisent l'essor,
Ils perdent toute gloire avec philosophie :
Et l'or.... ce n'est pas lui que leur cœur sacrifie.
Oh ! S’ils pouvaient parler ces témoins que je vois,
Si ces pierres vivaient et prenaient une voix,
Si ces longs corridors, si ces hautes tourelles,
Si ces rides du temps qui se gravent sur elles,
Si ce vernis sacré, date écrite par Dieu,
Si ces forts racontaient l'histoire de ce lieu,
Quels récits de dangers, de succès, de batailles !
Le parfum du passé couvrirait ces murailles;
Quels doux tableaux de jeux, de fêtes, de tournois,
Des fidèles amours, ces amours d'autrefois!...
Ils furent l'oratoire et la paisible chambre
Où les dames veillaient, aux longs jours de décembre.
Jadis y reposa Mary de Montauban,
Plus tard y vint briller Sylvia de Rohan.
Leurs mains sur les drapeaux brodaient les armoiries,
Brodaient chiffres en fleurs sur les tapisseries ;
Et la harpe, témoin d'un amoureux tourment,
Sous ces voûtes parfois résonna tristement.
Que j'aime à contempler cette salle gothique
Dont mille chevaliers ont franchi le portique !
L'écho qui me répond, répondait à leurs pas,
Et je lui parle d'eux, il ne s'en souvient pas !
Je crois entendre encore d'impatients murmures
Et le chant des adieux et le bruit des armures :
Aux rivages lointains ils voulaient parvenir,
IIs sont partis un jour pour ne plus revenir !
Voici la salle immense aux banquets destinée,
Elevant sur le toit sa haute cheminée,
Candélabre massif, gigantesque fanal
Où la fumée agite un panache inégal.
Le soir, durant l'hiver, veillant autour de l’âtre,
La vieillesse conteuse et l'enfance folâtre,
Sans nulle inquiétude entendaient l'aquilon
Comme un sombre ennemi mugir dans le vallon.
J'y revois le jongleur, près du feu qui pétille,
De quelques fabliaux amusant la famille,
Et j'entends se presser, tout en se retournant,
La foule qui tressaille au mot de revenant.
Je revois les soldats, les varlets et les pages
Confidents très discrets, porteurs de doux messages.

A l'antique fenêtre un moment arrêté,
Dans les fossés profonds je plonge en liberté.
Du haut de ce balcon plus d'une noble dame
A vu partir l'ami, seul penser de son âme ;
Plus d'une jouvencelle y rêva le retour
D'un fidèle écuyer, son doux servant d'amour !
Quand l'Anglais débordant sur les rives de France,
Opprimait de son joug nos cités sans défense,
Guillaume de Creully combatit en héros.
Grâce à ses bataillons qui roulaient à longs flots,
Henri cinq fut vainqueur, et le chef de nos pères
Vit passer son domaine en des mains étrangères.
Ah !... Rien qu'en y songeant la rougeur monte au front,
Et pourtant Jeanne d'Arc a vengé cet affront !
Vers des temps rapprochés maintenant je m'avance ,
Et j'arrive aux Sillans, ces fils de la Provence ;
Creully conserve encore un sombre souvenir
Da ces maîtres jaloux toujours prêts à punir.
La gloire quelquefois s'unit au despotisme,
Comme le dévouement s'unit au fanatisme.
Tout ne fut pas valeur et magnanimité,
Tout ne fut pas vertu dans ce lieu redouté :
Car souvent les seigneurs, effroi des monastères,
Des autres châtelains allaient piller les terres ;
L'hommage des vassaux demeurait aux plus forts,
Le droit du plus puissant, c'était le droit d'alors.
Ces Antoines hautains dont on connaît l'audace
Voulaient de leur passage éterniser la trace :
Barons indépendants montés sur le pavois,
Ils rendaient leurs décrets, c'étaient de petits rois.
Creulley, Saint-Gabriel, n'ont plus que des ruines,
Mais Creully, de son front dominant les collines,
Prouve que le destin pour nos luths attendris
De tout ce qui fut grand ne fait pas des débris !...
Mais quelle est cette voix qui prélude et commence
De nos aïeux chéris la naïve romance ?
Par ces magiques sons mon cœur est enchaîné,
Et vers les anciens jours je me sens ramené.
Ecoutons, écoutons cette voix ravissante
Si vive sur l'esprit, sur l'âme si puissante :
Retenons bien l'accord de son rythme enchanteur,
Et gardons-en toujours l'écho dans notre cœur.
Voyez-vous ces forts, ces tourelles,
Terreur de l'Auge et du Bessin :
Jadis le cri des sentinelles
S'y mêlait au bruit du tocsin.
Les châtelains du voisinage
Disaient dans leur effroi mortel :
« Redoutons le terrible orage
« Des noirs créneaux du vieux castel. »
Les hauts seigneurs de Tierceville
Frémissaient au nom de Creully ;
A ce seul nom dans Rucqueville
De frayeur on était rempli.
Chacun payait la redevance,
On s'armait au premier appel,
Et l'on se courbait en présence
Des fiers barons du vieux castel.
Un soir, modeste pastourelle
Fut entraînée en ce séjour,
Et le fiancé de la belle
Se reposait sur son amour.
Pourtant, sous la blanche couronne,
II la vit, marchant à l'autel,
Deux fois rougir ... Dieu me pardonne!
Songeant sans doute au vieux castel.
S'ils s'égaraient par aventure,
Les voyageurs, pâles, tremblants,
De la nuit craignaient moins l'injure
Que les soldats des fiers Sillans.
Mais à chacun d'eux une fée,
Avec un soin tout maternel,
Disait d'un voix étouffée :
« N'approchez pas du vieux castel ! »

Or, on sait qu'un grand personnage
Dans ces murs était prisonnier.
Un tombeau, voilà son partage,
Et qu'il fut long son jour dernier !
Aussi l'ermite en sa prière
Disait bien bas à l'Eternel :
« Préservez la contrée entière
« Des noirs cachots du vieux castel ! »
Un squelette aux formes humaines,
Tout crispé par le désespoir.
Fut trouvé sous de lourdes chaînes
Dans les souterrains du manoir.
Sortant du ténébreux royaume,
Au bruit sourd du glas solennel,
A minuit s'avance un fantôme
Sur les remparts du vieux castel.
II se promène, il tient un glaive,
II semble menacer ces lieux ;
Au-dessus des tours il s'élève :
Son linceul blanc frappe les yeux.
Mais quand la cloche fait entendre
L'Angélus aux échos du ciel,
L'ombre qu'un rayon va surprendre
Rentre aux caveaux du vieux castel.
Aux sons harmonieux succède le silence,
La muse en souriant des frais bosquets s'élance.
Je la vois, je lui parle, immobile et surpris ;
Je crois qu'un rêve encore agite mes esprits.
Blanche, tel est son nom; plus belle châtelaine
Jamais au temps jadis n'habita ce domaine.
Une famille heureuse embellit son destin,
Et son enfant charmant dort bercé dans son sein.
Ah ! Chantez-lui toujours la ballade naïve,
Des plaisirs innocents l'heure est si fugitive !
Homme, ses yeux bientôt s'ouvriront sur le sort ;
Trouvera-t-il jamais un plus paisible port ?...
Puisqu'ils ont disparu les hôtes d'un autre âge,
Puisque partout le soc nivelle, abat, ravage,
Conservez, protégez ce monument sacré,
Invalide soldat par l'artiste honoré !
Cloîtres, temples, palais, vendus par un caprice,
Tombent pour enrichir la stupide avarice ;
Blanche, oh ! Veillez du moins sur ces débris si beaux.
Ne met-on pas un ange à garder les tombeaux !...
Les œuvres des humains s'ébranlent et vieillissent,
Celles de la nature au printemps rajeunissent :
La colonne en croulant ne sème que néant,
Le gland tombé du chêne est un futur géant.
Autour de ce manoir ces jardins, ce parterre,
Sans pourtant l'expliquer prouvent ce grand mystère :
Rois, ermites, pasteurs, ménestrels, chevaliers,
Ne reverdissent pas comme les peupliers !
La Seule en ce vallon, limpide, coule encore ;
Tout parle d'avenir, revit, se recolore,
Et de souvenirs seuls le vieux castel orné,
Semble un noble vieillard de roses couronné.
Caries fleurs à l'envi parent d'une guirlande
Chaque pierre noircie, éloquente légende ;
Et de ces bastions de granit et d'airain
Le soleil est, hélas ! Le seul contemporain!
La bannière aux Lions sur les remparts flottante,
N'étale plus dans l'air sa couleur éclatante :
Par le peuple ou les vents tout drapeau déchiré
Disparaît tôt ou tard du faite au deuil livré !
Colbert fut possesseur de ce gothique asile,
Du siècle de Francois je reconnais le style :
A la honte de l'art, quelques maçons obscurs
D'un placage moderne ont souillé ces vieux murs ;
Mais à ce monument il reste assez de gloire...
C'est encore une page orgueil de notre histoire.
Adieu, temple de guerre, au Vandale échappé !
Le jour finit, je pars, rêveur, préoccupé.
De pensers renaissants la foule nuageuse
Se précipite encor dans mon âme orageuse :
Les brillants souvenirs ont sur moi tout pouvoir;
Je ne suis pas de ceux qui regardent sans voir.
De ma muse en partant si l'aile se replie,
Au milieu d'autres soins ne crains pas que j'oublie
Et tes maîtres nouveaux dignes de t'habiter,
Et tes ombrages verts où l'oiseau vient chanter.

Pèlerin fatigué dont la tète se penche,
J'emporte au tamarix une légère branche.
J'aimerai son parfum qui me rappellera
Une odeur de passé que mon cœur respira.
L'amitié me comprend, m'accompagne et partage
Ces mille impressions, poétique héritage,
Volupté que chérit tout ce qui sait sentir,
Langage qui souvent doit en nous retentir.
Je suis jeune, toi vieux, mais avant que tu tombes,
Ma place dès longtemps sera parmi les tombes ;
Le voile de la mort s'étendra sur mes yeux....
Et toi, garderas-tu l'écho de mes adieux ?
Septembre 1832.


(1) La famille de Lord Byron est originaire de Buron, hameau de St-Contest, près Caen.

samedi 22 mai 2010

Carte maritime ancienne...

Pas de date pour cette cartographie

vendredi 21 mai 2010

mardi 11 mai 2010

L'incendie de 1840 vue par l'Ami de la Religion

Nouveau document à mettre dans notre dossier sur l'important incendie qui détruisit une grande partie des habitations de Creully

Diocèse de Bayeux.

Un incendie, attribué à l’imprudence et favorisé par un vent impétueux, a réduit en cendres, dans la nuit du 17 au 18 de ce mois, un tiers du bourg de Creully, arrondissement de Caen.
Quatre-vingt-dix maisons ont été la proie des flammes, sans que les secours empressés des populations voisines, des professeurs et des élèves du séminaire de Villiers-le-Sec, aient pu arrêter les progrès du fléau. Plus de deux cent cinquante individus sont restés sans asile, et près de deux cents sont maintenant sans pain et sans autres vêtements que ceux dont ils s'étaient précipitamment couverts pour échapper aux flammes. Ils ont tous été recueillis par leurs compatriotes, et notamment par MM. de Marguerye et d'Imfreville qui leur ont prodigué les soins les plus tendres.

La charité n'a pas tardé à venir en aide à cette population infortunée. Une commission, composée du pasteur et des notabilités de l'endroit et des environs, a été aussitôt formée pour recevoir les offrandes. Les familles riches et bienfaisantes du pays ont fourni les premiers secours. M. le préfet du Calvados s'est empressé de recueillir les dons des divers chefs d'administration, et il a apporté lui-même, le lendemain, du sinistre, une somme de 1,3oo fr.
M. l'évêque de Bayeux n'est pas resté en arrière dans cet élan de générosité : à peine informé du malheur de ses diocésains, il s'est rendu sur les lieux, et après avoir remis une somme de 1,000 fr. à la commission pour être distribuée aux plus nécessiteux, il a été visiter et consoler les victimes de l'incendie ; il était comme un père au milieu de ses enfants.
Le prélat est allé ensuite à l'église qui s'est trouvée remplie en un instant ; et, dans une allocution touchante et paternelle, il s'est efforcé de ranimer le courage de cette population désolée, et qui a été émue jusqu'aux larmes de la démarche et de la tendre charité de son premier pasteur. Puis, il a imploré sur elle, dans un salut solennel, les miséricordes et les bénédictions du Seigneur.
Enfin, M. l'évêque a prescrit une quête pour les incendiés de Creully, dans toutes les églises de l'arrondissement de Caen et dans les cantons de Ryes et de Bayeux, les plus rapprochés de celui de Creully.

mercredi 5 mai 2010

Creully sur toile

INTERIOR OF THE CHURCH OF CREULLY

ARCHITECTURAL ANTIQUITIES OF NORMANDY,
BY JOHN SELL COTMAN;
ACCOMPANIED BY
HISTORICAL AND DESCRIPTIVE NOTICES
BY
DAWSON TURNER, ESQ. F.R. AND A.S.
VOLUME THE FIRST.
LONDON:
PRINTED FOR JOHN AND ARTHUR ARCH, CORNHILL;
AND J. S. COTMAN, YARMOUTH.

INTERIOR OF THE CHURCH OF CREULLY.

Creully, whose church has been here selected for publication, as a favorable specimen of genuine Norman architecture, is a small market-town of the diocese of Bayeux, situated about six miles to the east of the city of that name, and fifteen miles north-west of Caen. It is an ancient barony, having been honored with that distinction by Henry I. in favor of his natural son, the Earl of Glocester, many of whose descendants, according to Masseville, were still living in Normandy in the eighteenth century, and bore the name of Creully. The same author makes mention of the Lords of Creully, on more than one occasion, in the course of his Norman history.—They are to be found in the list of the barons that accompanied Duke Robert to the Holy Land, in 1099; and when the Genoese, in 1390, called upon the King of France for succours against the infidels of the coast of Barbary, and the pious monarch sent an army to their relief, under the command of the Duke of Bourbon, the name of the Seigneur de Creully stands prominent among those who embarked upon that unfortunate expedition. Again, in 1302, the Baron of Creully held the fifth place among the nine lords from the bailiwick of Caen, who were summoned to sit in the Norman exchequer.


From the days of the Earl of Glocester to the breaking out of the French revolution, the barony of Creully continued to be held by different noble families. In the early part of the eighteenth century, when Masseville published his work, it was in the hands of the heirs of M. de Seigneley-Colbert, who likewise possessed other considerable domains in Normandy. The last that had the title was a member of the family of Montmorenci.—His emigration caused the estate to be confiscated, and sold as national property; but the baronial castle is now standing, and displays, in two of its towers, and in a chimney of unusual form, a [111] portion of its ancient character. The rest of the building is modernized into a spruce, comfortable residence, which, in 1818, was occupied by an English general of the name of Hodgson.[203]

The writer of this article has met with no records connected with the church of Creully.—Externally, it is wholly modernized; but within, the nave, side-aisles, and choir, are all purely Norman, except at the extremities. The piers are very massy; the arches wide and low; the capitals covered with rude, but remarkable sculpture, which is varied on every pillar; and the walls are of extraordinary thickness.

mercredi 14 avril 2010

Le château de Creully vu de la Seulles.

Le château de Creully vu de la Seulles.
Carte de 1900 colorisée.

mardi 6 avril 2010

L'énigme de la colonne (obélisque) résolue

En observant la première photo connue de l'église Saint Martin de Creully, la présence d'un obélisque, appelé également colonne, devant le monument religieux était une énigme.
Un four communal ou un puit?
C'est sur un ouvrage de 1866 qui nous apporte la réponse: "Itinéraire général de la France" par Adolphe Joanne.
Nous y trouvons une proposition d'excursion de Courseulles à Creully.

La colonne
Ci-dessous le début du texte où nous trouvons la solution.

samedi 27 mars 2010

Le vieux lavoir

Le vieux lavoir
N'est plus qu'un grand fleuve de silence
Elles sont parties les lavandières
Emportant avec elles
Des histoires de la vie

Le vieux lavoir
N'est plus qu'un murmure de l'eau
Et dans la musique du temps
Toutes les paroles s'envolent
Dans l'horizon des jours

Les belles lavandières
Sont endormies
Entre l'écho de l'eau et de la lumière

http://grain-de-poemes.blogspot.com/

jeudi 18 mars 2010

La ferronnerie des portes de l'église de Creully

La ferronnerie est l'art et la technique du travail du fer à la forge; elle a toujours été le complément décoratif naturel des bâtiments à toutes les époques.



Nous trouvons des ouvrages du ferronnier sur les portes de l'église de Creully. Ces objets de rotation, de fermeture ou d'ornements architecturaux en fer forgé sont de bonne facture.