mercredi 13 juillet 2011

Creully - Une nouvelle carte - Grâce à la manoeuvre militaire du camp de Vaussieux

Ce mois de juin est à marquer d'une pierre blanche pour moi qui collectionne toutes sortes de documents sur Creully.
En effet j'ai découvert à la Bibliothèque nationale de France (BnF), à Paris, une carte datée de 1803 où l'on retrouve Creully. Ce document est issu d'un ouvrage de Jacques Antoine Guilbert qui relate la grande manoeuvre militaire du Camp de Vaussieux à Vaux sur Seulles.
Mais avant, un peu d'histoire grâce au texte reproduit partiellement ci-dessous.

Extraits d’un texte de M Pezet paru dans les mémoires de la Société d’agriculture, sciences et belles lettres de Bayeux.

« Pendant que l'avènement du règne de Louis XVI était signalé par des essais de réformes militaires et de réformes économiques, un événement politique d'une incalculable portée venait d'éclater dans l'autre continent, l'insurrection des colonies possédées par l'Angleterre dans l'Amérique septentrionale. La résistance à certains impôts fut le signal de la séparation de ces colonies et de la mère patrie. L'indépendance fut proclamée le 2 juillet 1776. Mais pour soutenir la lutte aussi imprévue que terrible il s'engageait, le peuple américain sentit qu'il lui était nécessaire d'acquérir des alliés parmi les grandes puissances de l'Europe…

Vainement Louis XVI opposait une résistance raisonnée à assurer par les armes d'une Monarchie le triomphe d'une République naissante. Poussé par la force irrésistible du torrent de l'opinion, il fut, pour ainsi dire, obligé de reconnaître l'indépendance de cette République, et de souscrire le 6 février 1778 un traité d'alliance entre la France et les Etats-Unis. C'était donner le signal d'une guerre nouvelle entre la France et l'Angleterre….


On voulut inquiéter l'Angleterre par un rassemblement considérable vis-à-vis de ses rivages, lui faire redouter la possibilité de la descente d'une armée sortie des mêmes ports d'où sept siècles auparavant était partie l'expédition de Guillaume le Conquérant la forcer à garder sa flotte le long de ses côtes, et à laisser à la nôtre la liberté des mers….

C'est ce qui explique le choix de la Basse-Normandie pour lieu de rassemblement de cette armée, sous le prétexte d'y former un camp d'expérience et d'études. Un autre camp d'observation de dix bataillons et de neuf escadrons fut établi à Paramé, près de Saint-Malo et donnait aux Anglais sur les projets de la France du côté de la Bretagne les mêmes inquiétudes qu'ils devaient avoir du côté de la Normandie.

La localité de Creully encerclée en rouge

Ce camp de la Basse-Normandie connu sous le nom de CAMP DE VAUSSIEUX a laissé dans les souvenirs de la contrée un brillant retentissement. Les récits des splendeurs militaires
qui l'accompagnèrent ont charmé les veillées des salons, comme celles des modestes chaumières; son éclat et ses plaisirs sont longtemps restés dans la mémoire après que d'autres et de plus graves événements auraient pu les en effacer. Quelques écrits militaires s'en occupent, mais avec gèreté, car les événements de ces temps ont été absorbés par les gloires et les revers de ceux qui leur succédèrent bientôt. »


Parmi ces écrits militaires :

«Oeuvres militaires» de Guibert, Jacques-Antoine-Hippolyte de (1744-1790),paru en 1803 ou j’ai retrouvé le plan du camp de Vaussieux.