mercredi 24 octobre 2012

Drame à Creully - Une mère de 11 enfants trouve la mort.



Dans les eaux bouillonnantes



 
Mardi soir, Mme Vve G., 61 ans, ouvrière agricole, demeurant à Tierceville, quittait son domicile à bicyclette pour se rendre, comme tous les jours, à son travail. Elle ne devait pas reparaître. Victime d'un acci­dent, Mme G., qui avait heurté le parapet du pont de la route d'Arromanches, à la sortie de Creully, avait été projetée dans les eaux grossies par les pluies.
D'habitude. Mme G. se rendait à son travail, chez M. Levoir, cultivateur à Creully, en coupant à travers les champs. L'employée était une personne toujours exacte. Mardi, pour une raison quelconque. Mme G. avait utilisé sa bicyclette.
Le premier inquiet a été M. Le­voir, employeur de Mme G., qui devait venir chez lui pour traire les vaches à 17 heures, comme tous les jours.« Ne la voyant pas arriver, je suis allé chez elle à Tierceville. Son jeune fils m'a appris qu’elle était partie à bicyclette. Sans doute avait-elle descommissions à faireà Creully.»
M. Levoir ayant aperçu la bicy­clette de Mme G., alla demander le concours de son commis pour re­connaître la machine. C'était bien le vélo de la brave femme.
« Le vélo, je l'avais bien vu... » C'est M. Pézeril qui parle. Habitant de la maison sous laquelle passe le cours d'eau, il fut intrigué de le voir. « Je ne pouvais dire à qui il appartenait. C'est M. Levoir qui l'a reconnu. Mais j'ai tout de suite pen­sé à un accident... »
Mr Pézeril
Il n'y a donc pas de témoin de l'accident. Cependant la cycliste a été vue dans la descente de la côte qui précède le pont. Une rude cote. Il a été précisé que Mme G. des­cendait avec rapidité, emportée par son propre poids. La cycliste a dû manquer son virage et sortir de la route sur sa lancée, pour se diriger vers l'entrée de la cour de M. Pezeril. Les traces du contact du vélo sur le parapet sont visibles. Mme G. a certainement basculé pour tomber dans le courant. Peut-être était-elle assommée par le choc.
Cependant, jusqu'à hier matin à 10 heures, la noyade de Mme G. n'était qu'une hypothèse. Appuyée sur des détails solides, mais une hypothèse. La confirmation, les pompiers l'ont fournie en retirant avec un grappin le tablier de la dis­parue. Le vêtement a été formelle­ment reconnu par la fille de Mme G. : «C'est bien le tablier de maman...» Et de constater : « La bretelle est arrachée... »
Un vélo adossé seul...
Sans doute a-t-il été arrachée dans le choc avec le parapet. Ainsi le tablier n'apportait pas la preuve que le corps se trouvait au même endroit. Il pouvait logiquement avoir été emporté très loin. La rivière est profonde de trois mètres sur deux kilomètres.
C'est pourquoi à ce moment, le commandant des pompiers, M. Châtaigner, a pris une décision prati­que en divisant les pompiers en deux groupes. Un groupe partant de Colombiers, allant à la rencontre de celui qui descendait le courant à partir de Creully.
Après la découverte du tablier de Mme G., le fils aîné de la dis­parue se rendait à la brigade de gendarmerie et demandait qu'un plongeur soit appelé pour procéder à des recherches sous la maison de M. Pézeril,
« Je veux, disait le fils aîné, au nom de la famille, que tout soit mis en œuvre pourretrouver notre mère. »
 
Mr Levoir, employeur de madame G. a participé aux recherches
Dans cette famille, ils sont onze enfants : quatre frères et sept .sœurs. Le plus jeune, un garçon de 15 ans, vivait avec sa mère.
C'était le dernier à rester à la maison. Tous les autres, plus grands, ont suivi leur chemin dans la vie, mais aujourd'hui tous se retrouvent unis autour du benjamin privé d'une mère dont il avait encore besoin pour vivre, et d'un père disparu lui aussi il y a deux ans. Il n'a pas éténécessaire de faire intervenirun homme-grenouille pourplonger sous la maison de M. Pézeril.Le corps de la malheureuse noyée,disparu depuis mardi soir à 17heures, devait être retrouvé hier matinà 11 h.30, à 2 kilomètres en aval,dans latraversée d'un her­bage, sur le territoire de la com­munede Tierceville, la commune de Mme G. On comprend que les recherches dirigées mardi soir, jusqu'à 22 heures, sous l’autorité des gendarmes n’avaient pas abouti. Le courant, d’une violence rare, le flot gonflé par les inondations, ont entraîné avec rapidité Mme G., malgré les branches et obstacles qui n’ont pas manqué d’accrocher les vêtements.
(Je n'ai pas retrouvé la date exacte)