vendredi 2 décembre 2016

Creully - Février 1866 - Cheval, voiture et voyageurs dans la Seulles


Jeudi dernier, à Creully, un accident qui aurait pu avoir des suites très graves est ar­rivé au pont qui traverse la Seulles, à la sortie du bourg.
M. Audrieu, de Bayeux, quittait Creully. Il était avec Madame Audrieu dans une voi­ture d'occasion, lourde et pour les bran­cards de laquelle les traits de l'équipage étaient trop courts, en sorte que l'on dut les rallonger au moyen de chaînes dont les cro­chets fermaient mal. L'un des traits ne tarda pas à se détacher; il vint battre les lianes du cheval, qui s'emporta aussitôt.
Au sortir de Creully, il existe une côte très rapide, qui, avant d'arriver au pont, présente deux courbes, la première de gauche à droite, la seconde de droite à gauche. Le pont est distant d'une dizaine de mètres de cette dernière courbe.
La voilure commençait a descendre la côte, lorsque le trait se détacha. M. Audrieu voulut serrer le frein des roues mais il eu fut empêché par un cabriolet venant en sens inverse et qu'il fallait éviter. Le cheval était lancé au grand galop. A la seconde courbe, le trait détaché atteignit de nou­veau l'animal qui fit un bond prodigieux et franchit le talus haut à peine de 60 centi­mètres qui borde la route en avant du pont. Cheval, voiture et voyageurs furent précipi­tés dans la rivière.
Dans le choc, la voilure fut brisée. Par un hasard des plus heureux, M. et madame Au­drieu ne reçurent aucune blessure, et quand on vint à leur secours, ils s'étaient mis hors de danger.
Le harnais ayant cédé sous les efforts du cheval, ce dernier en a été quitte pour un bain qui a duré près d'une heure. On a eu beaucoup de peine à le retirer de l'eau; il a fallu l'enlever au moyen de poulies.