dimanche 31 mars 2013

L'église Saint Martin de Creully

L'église de Creully s'élève tout près du célèbre château féodal dont la for­teresse imposante et les puissants remparts dominent la vallée de la Seulles.
A part l'extrémité du chœur qui fut allongé à l'époque gothique, les chapelles percées dans ce chœur côté nord, et le clocher relativement récent, l'église de Creully dans son ensemble est un beau joyau d'art roman du XIIe.
Elle a subi une restauration au XIXe, mais cette dernière restée discrète n'a pas dénaturé l'ensemble du style, si bien que l'église demeure un spécimen du roman de notre région, lorsque cet art arrivait à sa dernière période, alors que l'architecture gothique se développait déjà dans d'autres régions de France.
L'élévation extérieure très soignée présente de chaque côté, à la partie supérieure des murs des arcatures romanes aveugles pour la plupart. Une seulement, sur trois ou quatre, est percée d'une baie étroite éclairant la nef. Ces fines arcatures en plein cintre sont l'imitation d'un certain nombre d'autres que l'on trouve dans les églises, du Bessin et de la Plaine antérieures à Creully, par exemple à Secqueville.
Les modillons de la corniche représentent comme si souvent chez nous des têtes, masques grotesques et grimaçants. Beaucoup — et on les repère facilement — ont été refaits totalement lors de la restauration du XIXe siècle, comme d'ailleurs certains des petits chapiteaux de l'arcature. Sur les deux faces on accède à la nef par des portes romanes dont les arcs sont ornés de zigzags en bâtons brisés si fréquents dans l'art roman du Calvados. Ce qui est par contre beaucoup moins fréquent «assez rare dans les monuments d'architec­ture romane» signale M. de Caumont, c'est que deux de ces portes (dont l'une côté nord est d'ailleurs bouchée) sont couronnées d'arcs nettement surbaissés au lieu d'être franchement en plein-cintre.
A l'intérieur le visiteur ne peut être que conquis devant la pureté de cette nef romane et des collatéraux admirablement conservés. De chaque côté, cinq grandes arcades toutes ornées de bâtons brisés, dont les archivoltes sont nettement en retrait, rappellent celles de la nef de la cathédrale de Bayeux. Mais alors que dans cette dernière des piliers gothiques sont venus entourer les piliers romans primitifs, ceux de Creully n'ont rien eu d'ajouté et leurs chapiteaux sont authentiquement romans.
Ah ! Ces chapiteaux de Creully ! Nous ne pouvons les passer tous en une revue détaillée. Ils sont fort nombreux, certains humblement cachés dans la pénombre des bas-côtés, mais le visiteur ne manquera pas de les découvrir un à un et de s'attarder devant eux.
Ils s'inspirent de chapiteaux plus anciens d'autres églises romanes Normandes. Plusieurs des églises de ce canton de Creully en ont aussi de très beaux. Ils sont assez archaïques dans le choix des motifs, palmettes, godrons plutôt rigides, de relief assez plat aussi.
Quelques-uns présentent des masques humains, auxquels des feuillages tiennent lieu de barbe et de moustache. Pour un autre au contraire, les feuillages en volutes paraissent vomis de la bouche ou serrés entre les dents. D'autres, plus nombreux, s'ornent d'entrelacs perlés, très fins, aux innombrables nœuds compliqués, longuement entremêlés en d'inextricables labyrinthes.
Les voûtes de la nef sont celles de la fin de l'époque romane. Elles, sont sur croisées d'ogives, alors que les doubleaux sont encore en plein-cintre. Les bas-côtés sont voûtés d'arêtes saillantes.
Pour qui peut monter jusqu'aux combles un problème pourrait pourtant se poser au sujet de ces voûtes. La charpente se découvre alors si belle, ouvragée et sculptée — si antique aussi qu'on se demande pourquoi on l'a ainsi travaillée pour la masquer dans un grenier.
Il ne paraît pourtant pas que cette charpente intéressante n’ait jamais été apparente comme elle l'était en général en Normandie, dans les édifices romans antérieurs non voûtés.
L'épaisseur des murs de l’église montre que le constructeur dès l'origine pensait à placer une voûte de pierre. On aura voulu probablement, malgré tout, utiliser une charpente ouvragée comme il était de règle, au siècle précédent, en Normandie.
Le chœur primitivement roman, a été nous l'avons dit retouché et allongé, proba­blement à la fin du XVe ou au début du XVI e. C'est à cette époque qu'on a ajouté aussi un bas-côté nord dit «chapelle des hommes».
La tour-clocher, carrée à la base, puis octogonale dans sa partie supérieure, est d'une époque beaucoup plus récente comme aussi une chapelle seigneuriale côte nord, à la hauteur du sanctuaire (probablement le début du siècle XIXe)
Pour bâtir cette dernière chapelle on a fait disparaître le tombeau du XVIIIe d'Antoine II de Sillans, seigneur de Creully, mais du côté sud du sanctuaire subsiste toujours celui d'Antoine III. Le visiteur pourra encore en déchiffrer l'épitaphe assez pompeuse.
Vous qui passez par Creully — peut-être en vous rendant aux plages du débar­quement — vous qui visitez le château féodal un des mieux conservés du Calvados, ne manquez pas d'admirer aussi ce joyau d'art roman si sympathique qu'est l'église Saint-Martin.

vendredi 29 mars 2013

Une spécialité agricole et culinaire Creulloise....... La "Pé de terre de Creully"

La  spécialité des années 1800 de Creully  était un tubercule appelé à nos jours: pomme de terre.



La pomme de terre a d’abord été apportée des régions équatoriales, et de la chaîne des Andes de l’Amérique méridionale, peu après la conquête du Pérou par les Espagnols. Ces derniers l’ont propagée en Italie et dans leurs possessions d’Europe, avant les Anglais et vers le milieu du seizième siècle. Cette plante s’est aussi répandue dans l’Allemagne dès le temps de la domination de Charles-Quint; elle parait même avoir été introduite en Irlande par l’Espagne, et enfin, si elle a aussi été transportée de la Virginie en Angleterre, puis, de là, dans le nord de la France et de l’Europe, elle n’a dû être cultivée que plus tard dans ces dernières contrées.

Mr Parmentier
Au milieu du XVIIIe siècle, Parmentier fait adopter en France la culture de la pomme de terre, et ouvre ainsi une ère nouvelle à l’agriculture.
Grâce à ces efforts noblement encouragés par Louis XVI, qui daigna accepter de Parmentier un bouquet composé des fleurs de la pomme de terre, tout le monde fut bientôt convaincu des avantages de cette culture. Les résultats obtenus par ce savant agronome furent si universellement accueillis, que François de Neufchâteau, ministre de l’intérieur en 1797, proposa de substituer au nom de cette solanée, celui de parmentière.
Elle sappellait en normand Crompire, dun mot allemand qui signifie poire de terre (Grundbirn).
Dans un petit village du Nord-Ouest de Caen, à Creully on cultive une pomme de terre  appelée  par les habitants la « Pé de terre de Creully »  (Histoire et glossaire du Normand - 1862).
A cette époque, la pomme de terre est très généralement cultivée pour la nourriture des hommes et des bestiaux.
Elle demande une terre légère ou ameublie par des labours, et bien fumée.
Un hectare de terre favorable à la culture de cette plante produit de deux cent quarante à quatre cents hectolitres de tubercules.


On plante et on les récolte avec la charrue.
Beaucoup de cultivateurs récoltent plus de pommes de terre qu’il ne leur est nécessaire d’en récolter pour leur usage. La vente se fait avec facilité, parce qu’on en embarque beaucoup au quai de Caen.
Faisons connaissance avec cette "Pé de terre de Creully" .
Elle était, parait-il, une sorte de  patraque jaune.
Très amylacée et très productive ; employée pour les fabriques de fécule. Tubercules gros, irréguliers, yeux enfoncés dans des cavités profondes.

mardi 26 mars 2013

1873 - Creully - Delles des champs...

Comme nous le voyons dans cette annonce de vente de pièces de terre labourables à Creully, datée de septembre 1873, celles-ci portent un nom de delles.
J'ai entrepris, aux archives départementales du Calvados, un recensement de toutes ces delles, je pense trés bientôt vous présenter mes travaux avec un plan de situation.

dimanche 24 mars 2013

1954 - Les écoliers de Creully pour les naufragés bretons

Fin novembre 1954, la tempête qui s'étend du large de l'Irlande à la Suède a engloutit des dizaines de navires. Le bilan du coup de vent est terrible: 64 marins pêcheurs cornouaillais sont portés disparus. Ils laissent derrière eux 47 veuves et 85 orphelins. Sept bateaux de pêche du Finistère ont coulé. Les naufrages entraînent de lourdes pertes humaines et endeuillent de nombreuses familles.
La Bretagne ne veut pas croire morts ses 59 marins engloutis par une tempête sans S.OS. L’émotion est à son comble en ce mois de décembre 1954. Les chalutiers concarnois Tourville, Berceau de Moïse, Alain Yvon, Perle d’Arvor, Pierre Nelly, et le palangrier Tendre Berceuse de Douarnenez n’ont pas regagné leur port d’attache.

jeudi 21 mars 2013

mercredi 20 mars 2013

mercredi 13 mars 2013

Mon grand-père, facteur à Creully, ne put sauver un bébé à Amblie


17/05/1941
Le paisible village d'Amblie vient d'être le théâtre d'un péni­ble accident dont la victime est un bébé de 2 ans. Les enfants de Mme J....  France, ménagère à Amblie, la jeune Lucienne, 4 ans et demi, Suzanne 3 ans et demi, et Pierre, 2 ans, jouaient dans leur maison sous la surveillance de la maman, lorsque celle-ci fut obligée de s'absenter pour 5 mi­nutes. Elle constata à son retour la disparition des deux plus Jeu­nes.

Après avoir cherché un certain temps, elle aperçut la pe­tite Suzanne qui revenait seule. Interrogée sur ce qu'était devenu son petit frère, et appréhendant un malheur, la mère se dirigea vers la rivière, mais ses recherches demeurèrent vaines. Aidé de son beau frère, elle persévéra cepen­dant et ce dernier aperçut bien­tôt le corps de l'enfant qui se trouvait arrêté par les grilles du barrage du château.

Le cadavre du petit Pierre fut ramené sur la berge par MM. Guy Patry, aidé de M. Barette, fac­teur des postes à Creully, mais ne put être ramené à la vie.

La veille, le petit Pierre avait déjà fait une chute dans la ri­vière et n'avait dû son salut qu'à l'arrivée opportune de sa grand-mére.

samedi 9 mars 2013

1880 - 81 - 20 ans de travaux forcés pour un couvreur de Creully

 Le Bonhomme Normand
Le Bonhomme Normand de décembre 1880

Le Bonhomme Normand de Février 1881