samedi 1 novembre 2014

Le château de Creully est-il le départ d'un souterrain vers Reviers?


Creully et son imposant château dont les remparts, encore en très bon état, tiennent dans leur enceinte des jardins, des cours et des bâti­ments; une ville forte assise sur un roc abrupt du côté de l'Ouest, au pied duquel poussent droit de grands arbres baignant leurs pieds dans une eau sombre.    

Et de là, quelle admirable vue sur tout le pays d'alentour!
Du haut de la plate-forme du don­jon, dans la petite tour de la vigie, comme on a le sen­timent de la puis­sance et de la domi­nation et aussi de la protection que cette forteresse en nid d'aigle devait assurer aux habi­tants de la plaine! On se figure la sen­tinelle, l'œil collé aux meurtrières, découvrant au loin sur une route, à l'orée d'un bois, quelque groupe suspect, le signalant au capitaine des gardes et des cavaliers, un instant après, sortant du château sur les solides percherons capables de subir le double poids de l'homme et de l'ar­mure. Je sais qu'il y a les souterrains, les cachots sinistres et,  depuis longtemps comblées, les oubliettes témoins d'affreuses et longues agonies; là-haut, dans la salle des fêtes, on vidait les coupes, on chantait, on s'aimait; en bas, dans les ténèbres et la fange, les prison­niers se mouraient.
 
On dit que, du château de Creully, un sou­terrain, celui à l'entrée duquel on montre les cachots, rejoignait le château de Reviers qui, à son tour, communiquait avec la plage: ap­provisionnement, entente en cas de guerre, plus tard contre­bande peut-être. On y marchait lente­ment à la lueur des torches, armé, chargé de lourds fardeaux, sous une voûte humide.