jeudi 29 janvier 2015

Le crocodile de Creully


Il y a 167 millions d'années, les mers jurassiques étaient très différentes de ce qu'elles sont aujourd'hui : en Normandie, des mers chaudes et agitées battaient à l'Ouest les côtes du continent armoricain et s'ouvraient vers le bassin de Paris. L'océan atlantique venait à peine de naître.
Dans les marais côtiers chassaient les grands reptiles et parmi eux "Teleosaurus", un crocodile, dont un cadavre a flotté, puis s'est déposé à Creully.
 
Sur les fonds sous-marins les plus abrités vivait, sous une eau claire, une faune très abondante pour la plupart aujourd'hui disparus : rhynchonelles et térébratules accrochées sur le fond, encrines aux bras souples et élégants, bryozoaires branchus comme des polypiers...etc
La tête du "Teleosaurus"

Les tempêtes et les courants, détruisant ce que, sans cesse, la vie reconstruisait, réduisaient ces coquilles en petits débris, qui s'accumulaient en un sable calcaire blanc et pur, rapidement consolidé par un ciment de calcite transparente.
Le résultat est "la pierre de Creully", un calcaire coquillier de grain moyen, très peu argileux..
Le Calcaire de Creully surmonte le Calcaire de Caen. Il affleure dans les carrières de Creully (carrière d'Orival sur la commune d'Amblie) et de Reviers au Nord-Ouest de Caen.

samedi 24 janvier 2015

La légende de Mabile (Mabel) de Creully qui épousa le fils d'Henri 1er, roi d'Angleterre.

La légende de Mabile
Il y avait alors en Angleterre un grand Seigneur, un des plus grands qu'il y eut après le Roi Henri, Sire Robert-Fitz-Haimon de Gloucester (petit-fils de Haimon le Dentu, 1er seigneur de Creully) qui épousa Sibylle, fille de Roger II de Montgommery, comte de Shrewsburyet .
Robert, fonda l'Abbaye de Thewsbury, et y fit venir des moines. Il mourut vers ce temps, et fut enterré dans cette Abbaye, où est encore son corps.

Mabile, sa fille, fut l'héritière de toutes ses terres, et le Roi Henri d'Angleterre résolut, à cause de cet héritage, de traiter Robert, son fils bâtard en vrai fils, en lui faisant épouser cette fille qui était très recherchée. Il proposa donc son fils pour être son époux.
Mabile refusa longtemps.
Le Roi lui en demanda la cause, et à la fin Mabile lui répondit en fille d'esprit qu'elle était: -« Sire, il paraît bien que votre choix s'est fixé sur moi plus pour mon héritage que pour moi-même; mais avec un si bel héritage que celui que j'ai, ce serait une grande honte pour moi d'avoir un seigneur qui n'aurait point deux noms. Sire Robert-Fitz-Haimon était le nom de mon père, c'était non seulement le sien, mais celui de sa famille ; ainsi donc Sire, pour l'amour de Dieu, ne me laissez pas avoir pour mari un homme qui n'aurait pas deux noms.»
-«Demoiselle, tu parles bien, répondit le Roi. Sire Robert-Fitz-Haimon était le nom de ton père, le parti que je te destine aura aussi un beau nom, car Robert-Fitz-Roi sera le nom que je lui donnerai.»
«Sire, reprit la jeune fille, c'est un beau nom comme vous le dites pour lui donner toute sa vie une grands renommée, mais quel sera le nom de son fils et des enfants qui en proviendront ?
Il peut n'avoir point de fils et alors le nom s'éteindrait. »
Le Roi comprit que la jeune fille disait une chose raisonnable, et comme Gloucester était le chef de son héritage, « Demoiselle, lui dit-il, ton mari aura un nom pour lui et ses héritiers, un nom beau et sans tache. Car, Robert, Comte de Gloucester, sera son nom, et je le lui donne dès aujourd'hui. Lui et ses héritiers seront Comtes de Gloucester. »
 « Sire, répondit Mabile, ceci me convient fort. Dans ces conditions, je consens à tout, et tous mes biens sont à lui.»
Ainsi fut fait Comte de Glocester, ce Robert qui reçut entre autre titre celui de Creully 
Tiré de l’ouvrage de M.de la Croix : "Jersey…. Son histoire" (Paru en 1860)

mercredi 21 janvier 2015

Creully - Le Maire informe que le pied de la croix de l'église peut tomber.....septembre 1835





dimanche 11 janvier 2015

Quand les habitants de Creully passaient le bac... ...sur la Seine.

Mille souvenirs reviennent quand je vois ces gens qui ont accompagné mon enfance.
Merci à Jocelyne, ma copine de potage.

samedi 3 janvier 2015

Mon grand-Père Pierre Barette: facteur rural de Creully


Je vais vous parler d’un de mes héros : Pierre Barette mon grand-père paternel.
 Hé­ros parmi ces modestes et si utiles fonc­tionnaires que nous avons rencontrés cent fois peut-être dans nos campagnes, le havresac sur le dos et le bâton à la main, le front baigné de sueur ou les cheveux blanchis par le givre.
Le soleil de mai se lève à peine derrière les carrières d’Orival, la rosée du matin perle encore sur les hautes herbes de la prairie, que déjà le facteur rural quitte la poste sur la place du marché de Creully et se met en route.
Pierre Barette
Il marche le front levé, souriant à la nature qui lui promet une belle journée, et mêlant, par moment, sa voix mâle et accentuée au gentil babillage des merles du bois voisin.
Son havresac dont le cuir fut verni autrefois est un sanctuaire dont lui seul à la clef. Malheur à l'imprudent qui ten­terait d'en connaître les secrets, le facteur rural défendrait ce dépôt sacré jusqu'à la dernière goutte de son sang.
Il y a, dans ce fidèle compagnon de sa vie, la joie ou la douleur de vingt vil­lages ; le bonheur ou le malheur de cent familles peut-être.


 A côté de ce billet d'amour, voici l'in­fâme lettre anonyme qui va jeter son ve­nin immonde sur une famille honnête, et faire tous ses efforts pour troubler la bonne harmonie qui règne entre tous ses membres.
Dans un coin, il y a la lettre char­gée,orgueilleuse comme tous les enrichis de fraîche date, et semblant dédaigner la société de ses sœurs. Sous cette frêle en­veloppe il y a l'aisance pour toute la vie, le facteur rural le sait, et cependant l'i­dée de s'approprier ces valeurs ne lui vient même pas à l'esprit.
Cet homme est l'honnêteté incarnée ; sa mission est toute de confiance, il n'y faillira jamais.
La poste de Creully vers 1915
Chaque famille attend sa venue avec impatience ; plus d'un cœur s'est ému en l'apercevant ; n'est-il pas le messager; de la bonne comme de la mauvaise fortune, si la nouvelle est bonne, il prend part à la joie commune ; si le malheur vous frappe, il vous console et ranime votre courage, il est l'ami de tous ; on n'a pas de secrets pour lui.
Mon grand-père est un ancien soldat de notre brave armée. Il a fait les campagnes d’Ardennes, des tranchées, de Verdun, que sais-je ! Il s'est amassé un trésor de souvenirs qui font sa gloire présentement, et qui dans sa vieillesse fera les délices de ses petits-enfants, auxquels il racontera ses actions d'éclat.
Son poste actuel, du reste, a beaucoup d'analogie avec les habitudes du régi­ment.
Comme le soldat, le facteur rural part et revient à heure fixe ; son étape est tracée à l'avance et il ne peut rien chan­ger à son parcours ; malgré les mille sé­ductions qu'offrent les villages, les jours de fête: le bal sous l'orme, les jeux sur la place ou devant l'église, le dîner qui se donne dans les fermes normandes lorsque les moissons sont rentrées, tout cela le laisse indifférent ; il reste sourd à toutes les invitations, il part où son devoir l'appelle. Permettez-moi d’avoir menti car il n’était pas sourd au tintement des verres de vin ou de gros bère.
Quand vient l'hiver, avec ses jours si courts, quand la bise glacée souffle au- dehors, et que chacun se rapproche du foyer brûlant, le pauvre facteur rural, lui, est au milieu des champs dépouillés ou caché sous un manteau de neige, cherchant avec peine le sentier perdu, et regardant avec effroi la nuit qui s'ap­proche.
Plaignons-le dans cette rude saison de l'année ; pensons à ma grand-mère et à ses enfants : Lucien, mon père, Maurice et Yvette qui l'attendent au logis et dont il est l'unique soutien.
Pierre, mon grand-père facteur rural était un sage.