lundi 9 mars 2015

Septembre 1850 - Le vieillard de Creully présenté au Président de la République: Napoléon III.

Caen, 5 septembre 1850

Arrivée de Napoléon III
 Le président est arrivé à Caen hier soir, á sept heures, au milieu des salves d'artillerie et au son des cloches de toutes les églises. Le conseil municipal et les principales autorités de la ville attendaient, dès cinq heures, le président sous un arc de triomphe, à l'entrée de la ville, au lieudit la Demi-Lune , en­touré d'un concours prodigieux de population.
Des arbres et des guirlandes de feuillages étaient de chaque côté des rues d'Auge, Vaucelles, Saint-Jean, Bernières et Pont-Saint-Jacques, où devait passer le cortège. Toutes les rues étaient sablées. L'artillerie du château a annoncé l'arrivée du président sous l'arc de triomphe. Les cris de : « Vive Napoléon ! » ont dominé.
Après quelques instants de repos à la préfecture, le président a reçu les autorités.
Après les réceptions, le président, accompagné de quatre ministres, s'est rendu au banquet offert par une commission de souscripteurs composée de  hautes notabilités de la ville. Ce banquet a eu lieu dans la magnifique salle du Musée, à l'Hôtel-de-Ville.

Napoléon III
7 septembre, 8 heures du matin.
Le président a reçu toutes les autorités de l'arrondissement. La réception a duré plus de deux heures. Tous les maires s'y étaient rendus avec empressement. On y remarquait aussi un grand nombre d'Anglais de distinction, arrivés à Cherbourg sur des bâtiments de plaisance.
A une heure, le président a passé en revue la garde nationale et les troupes de la garnison, au milieu d'un grand concours de populations accourues de tous les points du département.
A 3 heures, plus de 700 personnes assistaient à un banquet offert par la ville au président. Son arrivée et son départ ont été salués par les cris de Vive le président ! Vive Napoléon !
La réponse du président au toast porté par le maire a été  couverte d'applaudissements plusieurs fois répétés. Aujourd'hui, vi­site à l'arsenal et à l'escadre.
Avant de quitter Caen, le président de la République a voulu signaler son départ par une bonne action. Un vétéran de la République et de l'empire, le sieur Chénot, de Creully, vieillard plongé dans la plus profonde misère, a eu l'honneur d'être présenté au prince, qui lui a remis, à l'instant même, quatre-vingt francs.