lundi 27 juin 2016

L'homme de Creully et le cercle des fées

— « A demain Albert »
— « Ch'a va êtes dû, mais enfin j'tachrai »
Ainsi, Albert Desplanches quittait une grande ferme de Martragny où il avait été invité par son patron aux noces de Berthe, la fille aînée de ce dernier. Invité sans sa femme restée dans sa petite maison de Creully où les tâches de mère de famille la retenaient, les six enfants de bas âge l'empêchaient de se divertir, comme son mari qui, il est vrai, trouvait cette solution assez satisfaisante.
Desplanches, âgé de trente cinq ans, paraît-il, s'amusait avec les filles de la région. Racontars affirmait Albert. Marthe, sa femme, n'avait certainement pas eu échos de ces dires, car, la présence de son mari au mariage de la fille de son patron, aurait été compromise. Berthe avait deux sœurs bien jolies.
La noce était terminée, la nuit était tombée depuis « belles lurettes » en ce dimanche soir de septembre. Elle avait duré deux belles journées.
Le chemin allant de Martragny à Creully, éclairé par un splendide clair de lune, était rassurant. Albert pensait aux deux jeunes qui s'étaient fait attaquer par quatre brigands à la hauteur du pigeonnier la semaine passée.
Les « soifs » de la journée bien rassasiées ne ravageaient pas l'esprit de Desplanches. Il avait du coffre, cet homme de Creully où sa femme sombrait dans le sommeil. Parfois, les pleurs d'un des gamins, ils avaient six garçons, réveillaient Marthe qui, à chaque fois, constatait l'absence de son mari ou plutôt son retard.
A mi-chemin, entre Rucqueville et Brécy, un bouquet d'arbres cachait une lueur assez dense, à peine visible de la route.
Lorsqu'Albert la vit, il s'arrêta net.
— « Qui a-t-il derrière ces chênes ? ». En se posant cette question, Desplanches crut entendre une musique légère, très peu perceptible.
— « C'est sûrement l'effet du bon verre de Calvados que j'ai avalé avant de partir de Martragny », pensa Albert avant de reprendre le chemin.
La lueur se faisait de plus en plus dense, plus lumineuse. Notre homme de Creully s'arrêta de nouveau. Un peu effrayé, mais, d'un esprit courageux, Desplanches décida .d'aller voir. Il contourna la futaie en essayant d'être le plus discret possible.
A ses yeux apparut un spectacle très joli ; un spectacle d'une grande splendeur. Des femmes vêtues de blanc dansaient en rond au clair de lune au son d'instruments mélodieux.
Poussé par la curiosité, Desplanches s'approcha encore plus, de trop, car, il était à découvert quand une des belles dames en blanc le vit...
La musique ne se fit plus entendre, toutes les femmes, six, sept ou plus, on ne le saura jamais, se retournèrent. Albert sentait ces regards de fées pesant sur lui ; une force bizarre-le poussait vers le groupe.
Les instruments mélodieux reprirent de plus belle, la ronde se reforma et les fées sautaient, dansaient.
Quant à Albert, il était lancé, porté dans les airs, très haut, très haut, à une distance considérable. Il devint le pantin de ces fées.
— « Malheur au curieux profane qui s'approcherait », cria une des femmes.
Ce sont les seules paroles que Desplanches entendit avant de se retrouver sur le chemin qu'il avait quitté quelques minutes plus tôt.
Il était accablé de fatigue et de meurtrissures. Ainsi, le pauvre Albert reprit la route de Creully. Une femme impatiente l'attendait ; une femme furieuse, car, les cinq heures du matin avaient sonné.


 
Arrivé devant sa demeure, prêt à mettre la clé dans la serrure de la porte, quand, tout a coup, celle-ci s'ouvrit. Marthe apparut un balai à la main.
Non, elle ne faisait pas son ménage, mais, elle attendait son mari.
— « D'où viens-tu ivrogne » ?
— « Non, ce sont des femmes »
— « Quoi des femmes... »
— « Non des fées entre Rucquev... »
— « Et puis quoi encore »
— « Non, je te jure, ce sont des fées qui m'ont attaqué près des chênes »
— « Sale mari, tu as passé de bons moments avec une femme pendant que moi, je... »
— « Mais non Marthe, crois moi ».
Marthe ne voulut pas en savoir plus et des meurtrissures s'ajoutèrent, mais, celles-là étaient dues au balai que Marthe tenait.
Et pourtant à quelques kilomètres de là, derrière un bouquet d'arbres, on pouvait voir une grande trace circulaire où l'herbe y est comme brûlée. On appelait cela dans la région, « le cercle des fées ».

vendredi 24 juin 2016

Creully - Les constructions en 1811

Ci-dessous le tableau d'assemblage des différentes feuilles du cadastre de 1811.
Il est difficile de distinguer les détails des constructions (maisons, château, autres).
Pour cela j'ai réuni les feuilles des sections cadastrales en faisant un montage; nous distinguons ainsi l'ensemble du bourg.


Le bourg Un clic sur le document permet de l'agrandir

Plan du bourg avec diverses indications pour s'y retrouver.




mardi 21 juin 2016

Septembre 1938 - Gendarmerie de Creully - Mobilisation Générale...


Caen, 24 septembre 1938




La commune de Creully vient d'être le théâtre d'une méprise qui a évidemment causé une grosse émotion.



Ayant mal compris une communication  téléphonique, au lieu d'apposer l'affiche convoquant certains réservistes ont apposé celle de la mobilisation générale.

Aussitôt, on a sonné le tocsin et procédé à diverses réquisitions.
C'est ainsi que ce matin, de bonne heure, des autos et des chevaux sont arrivés à Caen leurs propriétaires ont été surpris d'être seuls. Ils ont évidemment  supporté leur dérangement sans amertume.
Et dans la journal "LA CROIX"  du dimanche 16 septembre 1938 Chronique provinciale

En ces jours de fin septembre dont nous avons toutes raisons de nous souvenir, la commune normande de Creuilly, dans le Calvados, éprouva la grande émotion de la mobilisation générale.

A ce qu'on rapporte, un télégramme officiel mal interprété y fit croire à la suprême mesure de sécurité et l'on afficha le placard blanc appelant tous les hommes valides à la défense de la patrie.
La population fut consternée, mais tout le monde répondit à l'appel avec une discipline parfaite. Agriculteurs, artisans, ouvriers, la plupart pères de famille, s'apprêtaient à partir lorsque l'erreur fut reconnue, trois heures après l'affichage.
Quelques mobilisés avaient déjà gagné la gare, située à une douzaine de kilomètres, et attendaient le premier train, lorsque le contrordre arriva.

On imagine le soulagement de l'esprit public après cette fausse alerte. On imagine de quel pas les mobilisés, démobilisés sur l'heure, ont regagner leur foyer et de quel cœur, le soir, ils auront trempé leur cuiller dans la soupe fumante, servie à la table familiale. La bonne soupe.

lundi 20 juin 2016

vendredi 17 juin 2016

17ème siècle - Coquin ! le marquis de Creully


Le 29 Juillet 1631, Pierre de Pellevé, alors baron de Tracy, comte de Flers, épouse Henriette de Refuge, châlelaine de Bullou.
A la solennité du contrat, passé devant les notaires au Châtelet de Paris, assistent :
Très haut et très puissant seigneur messire Hercule de Rohan, duc de Montbazon, pair et grand veneur de France, cheva­lier des deux ordres du roi, gouverneur et lieutenant général pour le roi à Paris, Ile-de-France, comté et duché de Mantes, capitaine et gouverneur des villes, châteaux et citadelles de Soissons, Nantes, Noyon, Choisv et Caussy, chevalier d'honneur de la reine-mère; et très haute et très puissante dame Marie de Bretagne, duchesse de Montbazon, son épouse, oncle et tante du futur époux;
Très haut et très puissant seigneur Alexandre de Rohan, mar­quis de Marigny, comte de Rochefort, conseiller du roi en ses conseils d'Etat, gouverneur et lieutenant général des villes du Mans et Laval, le Maine et le Perche, aussi oncle maternel ;

Très haut et très puissant prince monseigneur Claude de Lorraine, duc de Chevreuse, pair et grand chambellan et grand fauconnier de France, gouverneur et lieutenant général en Haute et Basse Auvergne, cousin, à cause de très haute et très puissante princesse madame Marie de Rohan, son épouse.

Les dix premières années du nouveau ménage parais­sent avoir été heureuses. Mais un ami de la maison, Antoine de Sillans IV, marquis de Creully, qui a ouvert largement sa bourse à Pierre de Pellevé et servi de parrain à son fils cadet, Antoine, fera bientôt suspecter ses sentiments à l'égard de la dame de Flers. L'avenir, loin de dissiper ces soupçons, ne fera que les confirmer. En effet, Henriette de Refuge, oubliant ses devoirs d'épouse et de mère, abandonnera son mari tombé dans le malheur, pour aller cohabiter avec le sieur de Creully, qu'elle épousera aussitôt que la mort du premier l'aura rendue libre (1660)
Le 23 Janvier 1645, Henri de Rohan, mis au courant de ce qui se passe au château de Flers, croit devoir user de sa qualité d'oncle pour prémunir, pendant qu'il en paraît temps encore, le comte de Flers des dangers qui le menacent. Il lui écrit donc la lettre que voici :
Mon neveu, j'ai reçu votre lettre  et l'ai lue et bien consi­dérée. Je ne vois là-dedans chose qui me plaise pour l'intérêt que je prends aux vôtres. Ne croyez pas que je ne sois porté entière­ment au bien et honneur de votre maison, mais soufrés aussi que je vous en représente quelque chose. 1l est vrai qu'il y a quelque temps que je vous écrivis sur l'avis qui me fut donné que vous avez chez vous un souffleur que j'estime  devoir être éloigné de votre maison à cause des conséquences qui s'en pourraient tirer tant contre votre honneur que contre votre bien. Si je vous aimais moins que je ne fais, je ne prendrais interêt en ce qui vous touche. C'est pourquoi je ne suis pas d'avis que vous le gardiez plus longtemps, si ne voulez que j'aie sujet de plainte de celui que j'aime comme étant mon neveu,
tre très affectionné oncle à vous servir en toutes occasions légitimes.
H. de Rohan

Armes de Refuge : d’argent, à deux faces de gueules et deux serpents d’azur, tortillés ou ondoyans en pal, affrontés et brochant sur le tout.
 

Antoine IV de Creully épousa en secondes noces, en 1660, Henriette du Refuge, veuve du comte de Flers.
 

 

jeudi 2 juin 2016

Semaine des Radioamateurs au château de Creully


04/06/2016 - 08/06/2016    10:00 - 12:00
Le musée de la radio et la Tour BBC du château de Creully ouvrent leurs portes : visitez ce qui fût le premier studio BBC du territoire français dès le 6 juin 1944 et venez à la rencontre des radio-amateurs du Calvados qui vous feront partager leur passion de la radio et de la télégraphie
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