dimanche 15 avril 2018

Fermes ou village gaulois découverts à Creully. Quand l'histoire jaillit du sol..

Avant tout, je tiens à remercier Hubert Lepaumier pour son accueil sur le site des fouilles.
 Ouest-France a fait deux articles sur les travaux du clos de l'Epinette de Creully; je me permets d'en publier les textes auxquels je joins mes photos.
Le site de fouilles
 « La découverte est relativement remarquable par son étendue, com­mente -Hubert Lepaumier, responsa­ble du chantier de fouilles au Clos de l’Épinette. Nous sommes en
Fond circulaire d'un four
présen­ce d’une très grosse ferme gauloi­se, ceinte de fossés, sur une super­ficie de plus d’un hectare. » Depuis un mois, la parcelle, située rue des Écoles, est passée au peigne fin par une équipe de l’INRAP (Institut natio­nal de recherches archéologiques préventives). Les investigations préfi­gurent l’émergence du lotissement Nexity.
 
 
Les vestiges sur cette façade creulloise ne constituent pas « une surpri­se. Le site est connu depuis 2005 grâce à des photos aériennes. » Les premiers éléments permettent d’ins­crire la fréquentation des lieux dans une période s’étirant du « IVe siècle avant Jésus-Christ, jusqu’à l’occu­pation romaine, au milieu du pre­mier siècle ». L’exploitation agricole révèle « d’importantes structures de stockage. Ces caves conservaient légumineuses et céréales, cultures très réputées en plaine de Caen. »
Les restes d'un four

 

De précieux renseignements
Les archéologues ont mis au jour nombre d’ossements de faune confir­mant l’existence d’un cheptel destiné essentiellement à la consommation de viande. « On ne parle pas encore de production laitière. » Sur le plan mobilier, le limon a fait apparaître des tessons de céramique estampée. Certains bris de vaisselle arborent des motifs armoricains. À noter aussi parmi les trouvailles notables, un bra­celet en lignite, « intéressant pour sa probable origine britannique ». Plus anecdotique, des coquilles de mou­les renseignent sur les habitudes ali­mentaires d’un habitat plutôt éloigné de la mer.
L'un des squelettes découverts (ici une femme)

Non loin du domaine gaulois, plu­sieurs dizaines de sépultures caracté­risera une nécropole, actuellement en cours de décapage et d’évalua­tion. « Nous attendons l’expertise
Un muret bien conservé
d’anthropologues spécialistes de l’os humain et des modes d’inhuma­tion, indique Hubert Lepaumier. Ils diront si ces tombes peuvent être rattachées à la ferme gauloise. »

L’opération de fouilles devrait se poursuivre jusqu’à la fin du mois de mai. Le terrain, remis en état, sera ensuite restitué à l’aménageur. L’exploration du secteur pourrait se prolonger, dans quelques mois, de l’autre côté de l’avenue de la Cana­dienne, où doivent sortir de terre de nouvelles constructions. La décision revient au ministère de la Culture, en fonction du diagnostic archéologique préalable.
Un fossé creusé dans le calcaire rempli de terre et peut-être des trouvailles.



Parmi les élus du conseil municipal, Alexandre Ray, archéologue de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives), a fait le point, mardi soir, sur les dernières révélations livrées par le chantier du Clos de l’Épinette
« Des études sont encore à mener mais on s’oriente vers la découverte d’un village gaulois, informe le con­seiller. Ce serait une première en Normandie où, jusqu’à présent, nous étions confrontés à de petits habitats groupés et à des fermes isolées. »

Le site interroge aussi les scientifi­ques par sa « zone d’inhumation comportant de nombreuses sépul­tures d’enfants. Il faut maintenant déterminer les causes épidémiolo­giques de cette mortalité infantile. » Les fouilles archéologiques se termi­nent vendredi 27 avril.
Des trous et des trous

Une exposition temporaire est d’ores et déjà inscrite au programme des Journées européennes du patri­moine, en septembre.